Ils ne sont qu’une petite dizaine d’éleveurs de grands noirs dans le Berry. Parmi eux, Michel Huberson, à Mouhet dans le sud de l’Indre, contribue à sauver cet âne. Rencontre avec un passionné.
« Je voulais un âne grand et joli ». Michel Huberson se souvient encore de l’ânesse qu'il a acquise en 1990, Caroline de Rhodes, une véritable légende parmi les poulinières. Il a fait l'acquisition auprès d'un éleveur des environs de Chaillac.
« Un âne élégant doit avoir le dos droit, les oreilles bien droites et ne pas avoir une tête trop basse », explique cet ancien étalonnier des Haras Nationaux. Caroline de Rhodes, avec son pelage noir et lustré, était exactement ce qu’il cherchait, sans les imperfections qu’il redoute chez d’autres races.
Des succès dans les concours
Dès la reconnaissance de la race de l’âne noir du Berry en 1994, Huberson ne tarde pas à présenter Caroline dans des concours, remportant trois victoires sur cinq participations dont celle prestigieuse du Salon de l’Agriculture. Caroline a eu onze petits, dont plusieurs ont également brillé en compétitions. « Et même un de ses fils, Jordi de Rhodes, a remporté le Trophée de l'âne à Paris ! », se réjouit-il.
Une espèce menacée
À présent, Michel Huberson élève onze ânes, en majorité des reproductrices, et fait partie d’un groupe restreint d'éleveurs qui luttent pour la survie de cette race. Parmi environ huit cents ânes noirs dans le monde, un tiers se trouve dans le Cher et l'Indre, mais la natalité n'arrive pas à compenser les pertes. Les experts estiment qu’il faudrait au moins cinquante à cent naissances chaque année pour stabiliser la population, alors qu’actuellement, seulement vingt à trente naissances sont enregistrées. Si la France compte moins de 150 poulinières, la situation est d’autant plus préoccupante que l’âne noir du Berry, autrefois utilisé pour le maraîchage, est à la croisée des chemins.
« Je garde les ânesses pour faire des petits. Quant aux mâles, je dois leur trouver une utilité, comme l'attelage ou les vendre pour le maraîchage », conclut Michel. Pourtant, il envoi récemment deux ânes en Belgique pour aider des maraîchers en serre. Le chemin est long, mais Huberson reste déterminé à préserver l'héritage de l'âne noir du Berry, un symbole du patrimoine rural français.
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