Le patron d'Instagram, Adam Mosseri, est convoqué mercredi à Los Angeles pour témoigner lors d'un procès qui pourrait redéfinir la responsabilité des réseaux sociaux vis-à-vis de l'addiction chez les jeunes. En tant que premier dirigeant de la Silicon Valley à comparaitre devant jury dans ce cadre, Mosseri devra défendre son entreprise contre des accusations qui la qualifient de « machine à sous » à dopamine ciblant les jeunes.
Son intervention précède celle de Mark Zuckerberg, prévu pour le 18 février, et tous deux répondront aux inquiétudes exprimées par Kaley G.M., une Californienne de 20 ans dont la plainte a été retenue pour ce procès pionnier, servant de précédent pour potentiellement milliers d'autres.
Le cœur du débat ne se concentre pas sur la santé mentale des utilisateurs, mais sur les algorithmes de personnalisation et les fonctionnalités qui incitent à un visionnage compulsif. Cette problématique concerne également sa filiale YouTube, dont le CEO Neal Mohan est attendu la semaine suivante, tandis que des plateformes comme TikTok et Snapchat ont préféré conclure un accord de confidentialité avant le début du procès.
Le jour précédant le témoignage de Mosseri, la psychiatre renommée Anna Lembke de l'Université de Stanford a présenté devant le jury les dangers des réseaux sociaux. À l'aide d'un modèle anatomique du cerveau, elle a expliqué que le cortex préfrontal, qui régule l'autocontrôle, ne se développe pleinement qu'à 25 ans, rendant ainsi les adolescents particulièrement vulnérables à cette forme d'addiction. Selon Lembke, cette exposition précoce aux réseaux sociaux peut modifier le cerveau des jeunes, les rendant prédisposés à d'autres dépendances, comme celles à l'alcool ou aux drogues.
D'un autre côté, l'avocat de YouTube a défendu la plateforme en affirmant qu'elle n'encourage pas intentionnellement l'addiction. « Ce n'est pas d'addiction aux réseaux sociaux si ce n'est pas un réseau social », a-t-il déclaré, contredisant l'idée que sa plateforme manipule psychologiquement ses utilisateurs. Il a ajouté que YouTube préférait mettre l'accent sur la qualité de l'expérience de visionnage plutôt que sur la rétention des utilisateurs.
L'avocat de Meta, Paul Schmidt, a fait valoir que les difficultés psychologiques de Kaley G.M. ne sont pas exclusivement dues à l'utilisation des réseaux sociaux, mais plutôt à des problèmes familiaux sous-jacents et à d'autres facteurs personnels. La plaignante, qui n’est pas présente lors des audiences, devrait témoigner ultérieurement.
Le procès, qui a débuté par la sélection du jury le 27 janvier, devrait s'étendre jusqu'au 20 mars. D'autres affaires similaires sont prévues à Los Angeles cet été, tandis qu’une enquête nationale est en cours dans le nord de la Californie. Par ailleurs, au Nouveau-Mexique, un procès distinct vise à établir si Meta a manqué à sa responsabilité de protéger les mineurs, en mettant l'accent sur les dangers d'exploitation sur ses plateformes.







