Fondée en 1969 à New York par Arthur Mitchell, un jeune prodige de Harlem, la compagnie emblématique du Dance Theater of Harlem (DTH) revient en France après 40 ans d'absence. Sa tournée se déroulera dans quatre villes françaises avec des programmes qui célèbrent son engagement pour l'inclusivité et la diversité.
Le retour du DTH est marqué par une bande-son éclectique, s'étendant de Jean-Sébastien Bach à Aretha Franklin, en passant par Stevie Wonder et Radiohead. Robert Garland, le directeur artistique depuis 2022, continuera d'apporter sa touche moderne à ces spectacles. La tournée comprendra des performances à l'Opéra de Bordeaux du 11 au 15 février, au Colisée de Roubaix du 19 au 21 février, au Palais des Congrès de Paris du 26 au 28 février, et enfin à la Bourse du Travail de Lyon du 5 au 7 mars.
La création de cette compagnie sur la scène classique a coïncidé avec un moment crucial de l'histoire américaine, juste après l'assassinat de Martin Luther King, témoignant de l'engagement d'Arthur Mitchell à offrir aux danseurs afro-américains une plateforme équitable. Dans les débuts de l'école de danse, Mitchell et son mentor Karel Shook ont lutté avec détermination pour briser les barrières qui séparaient les artistes noirs du monde du ballet classique.
Les premières leçons se tenaient dans un sous-sol d'église à Harlem, un quartier qui incarne la lutte des Afro-Américains pour les droits civiques. Grâce à Mitchell, aujourd'hui, les jeunes danseurs ont des opportunités qu'il n'aurait jamais imaginées. Ce combat pour l'égalité se concrétise également dans la création de vêtements et d'accessoires adaptés aux danseurs de couleur, un sujet abordé récemment par Guillaume Diop, la première étoile noire de l'Opéra de Paris.
Un répertoire éclectique
La diversité est également au cœur du répertoire du Dance Theater of Harlem. Les représentations en France marieront des classiques tels que les Donizetti Variations chorégraphiées par Balanchine en 1960 avec des morceaux contemporains comme Higher Ground, créé par Garland. D'autres créations, dont une œuvre récente de William Forsythe et deux ballets du polonais Robert Bondara, seront également interprétées. Le ballet emblématique de Stravinsky, L'Oiseau de feu, sera exclusif aux performances parisiennes.
Malgré des défis financiers dans le passé, notamment une pause en 2016, le DTH a su se relever grâce à un soutien financier significatif de la fondation Andrew W. Mellon en 2020, permettant à la compagnie de se concentrer sur des projets novateurs, en particulier ceux dirigés par des femmes et des chorégraphes émergents.
Cet héritage artistique perdure avec les 18 danseurs qui partent en tournée pour poursuivre la vision d'inclusivité initiée par Mitchell. Dans une Amérique en mutation, ces artistes portent avec courage le flambeau de la diversité, transformant la scène du ballet traditionnel.
Dance Theater of Harlem, France Tour 2026: Opéra National de Bordeaux, 11-15 février; Le Colisée à Roubaix, 19-21 février; Palais des Congrès à Paris, 26-28 février; Bourse du Travail à Lyon, 5-7 mars.







