Dans un tournant décisif pour le verrier en difficulté Arc, l'ancien président Patrick Puy a soumis le 27 janvier une proposition audacieuse de reprise. Son projet se distingue par un engagement ferme de « zéro licenciement » et une volonté de « relocaliser » les activités en France, une démarche qu'il considère essentielle pour la pérennité de l'entreprise.
Proposant un investissement entre « 60 et 70 millions d'euros » dans l'usine d'Arques (Pas-de-Calais), Patrick Puy n'a pour l'heure pas précisé la provenance des fonds nécessaires. Selon lui, cet investissement permettrait de renforcer la présence du groupe sur le sol français et d'explorer de nouvelles opportunités sur le marché. « Relocaliser l'essentiel des activités est vital pour l'avenir d'Arc », a-t-il déclaré dans un communiqué.
Zéro licenciements
« Mon projet de reprise, c'est zéro licenciement. Je reprends tout le monde », a affirmé Puy lors d'une interview, soulignant l'importance de préserver les 3 500 postes de l'usine d'Arques. Le groupe gère également des usines aux États-Unis, en Chine et aux Émirats arabes unis. Puy a évoqué la possibilité de céder les unités américaines et chinoises face aux défis liés à leur distance, tout en soulignant l'importance de conserver l'entité des Émirats, qui est plus proche du marché européen.
Cette initiative s'inscrit dans un contexte où le besoin de protéger l'emploi est crucial. En effet, le verrier Arc a été confronté à une forte concurrence étrangère, notamment chinoise, et à des défis exacerbés dans le secteur des arts de la table. Patrick Puy, 70 ans, a une expérience avérée dans la gestion de crises d'entreprises, ayant déjà été à la tête de Moulinex-Brandt et de Vivarte, où il a été contraint de mettre en œuvre des réformes souvent douloureuses.
Les offres de reprise doivent être soumises au tribunal de commerce de Lille Métropole avant mercredi. Un autre candidat, Timothée Durand, membre d'une famille d'anciens propriétaires d'Arc, a également formulé un projet, jugé « sérieux » par de nombreux acteurs du secteur. Ce dernier envisage un redimensionnement de l'usine française, suscitant des inquiétudes quant à la protection des emplois, selon un rapport publié par Le Figaro.
Une autre offre de reprise
Durand, qui a rapidement réagi à la mise en redressement judiciaire d'Arc début janvier, a présenté un projet qui prévoit des modifications structurelles, perçues comme potentiellement menaçantes par les syndicats.
Malgré l'ombre portée par la concurrence internationale, le ministre délégué à l'industrie, Sébastien Martin, a mentionné que la direction actuelle d'Arc considère le projet de Puy comme une opportunité pour redresser l'entreprise. Les repreneurs ont jusqu'au 5 mars pour finaliser leurs offres et une décision du tribunal est attendue peu après cette date.
La bataille pour le contrôle d'Arc illustre les défis auxquels sont confrontés les entreprises françaises face à une mondialisation croissante et souligne l'urgence d'une revitalisation du secteur des arts de la table en France.







