En Eure-et-Loir, l'implantation d'un vaste entrepôt logistique sur des terres agricoles divise les habitants et les élus. Si la communauté de communes met en avant des créations d'emplois et des bénéfices économiques, les opposants s'inquiètent des répercussions sur l'environnement.
Laura Vieira, habitante de Levainville, active dans le mouvement contestataire, n'hésite pas à qualifier ce projet de « suicide écologique ». Initialement sur 35 hectares, le projet a été réduit à 19,6 hectares pour se conformer à la loi ZAN (zéro artificialisation nette), visant à protéger les espaces naturels. Pourtant, il est toujours prévu de construire un grand entrepôt pouvant générer jusqu'à 300 poids lourds par jour, ce qui soulève de nombreuses préoccupations.
Les riverains et les associations environnementales s'alarment des nuisances sonores, de la pollution lumineuse, de l'artificialisation des sols et de la menace sur la biodiversité. Laura Vieira met en avant que cette bétonnisation pourrait détruire des terres agricoles précieuses et nuire à des espèces protégées. Elle souligne également les risques d'inondation liés à l'imperméabilisation des sols, remettant en question les études alternatives fournies dans le dossier.
Malgré ces craintes, Stéphane Dagobert, directeur général des services de la communauté de communes des Portes euréliennes d'Île-de-France, défend le projet. Il assure qu'il sera économiquement bénéfique pour la région, promettant entre 300 et 500 nouveaux emplois, un atout crucial pour attirer de nouvelles ressources économiques. « C'est un projet pensé dans sa globalité, alliant construction, accès routier et sécurité », précise-t-il.
« Il n’y aura aucun poids lourd dans le cœur du village »
Concernant le trafic, la collectivité veut rassurer les habitants. « Aucun poids lourd ne traversera le village », insiste Dagobert, évoquant un accès direct depuis la RD 910, avec la construction d'un giratoire et d'une voie privée reliant l'entrepôt à la route principale.
Cette nouvelle voie, conçue pour rester parallèle à la RD 910, devrait garantir que le trafic pesant ne pénètre pas dans le cœur de Levainville, qui se situe à un à deux kilomètres du site logistique. Toutefois, même si la communauté de communes parle de retombées économiques notables, elle reste prudente concernant les prévisions financières, soulignant que les recettes fiscales dépendront de multiples facteurs complexes.
L'enquête publique, clôturée le 20 janvier, devra délivrer un avis avant que la préfecture prenne toute décision relative à ce projet controversé.







