Ces dernières années, Hambourg a vu affluer les touristes de croisière, devenant un point de passage clé en Allemagne. En 2024, la ville a accueilli près de 300 navires et 1,3 million de passagers, selon les chiffres rapportés par la Süddeutsche Zeitung. Mais cette mixité de visiteurs profite-t-elle réellement à la ville portuaire ?
Des croisiéristes venant du monde entier débarquent à bord de majestueux navires comme le Queen Ann, qui, avec ses quatorze étages, offre à ses passagers un confort luxueux, incluant restaurants, théâtres et salles de gym. Ce phénomène, décrit comme une « ville flottante », suscite à la fois enthousiasme et inquiétude parmi les habitants.
Dans un contexte où près de 35 millions de passagers ont voyagé en croisière en 2024, Hambourg se distingue par son statut de port de transbordement. Les touristes, bien qu'ils dépensent en moyenne 30 à 40 euros durant leurs escales, sont aussi plus enclins à passer la nuit en ville, augmentant ainsi leurs dépenses à environ 100 à 130 euros, d'après la journaliste Paulina Würminghausen. Ce montant, multiplié par le million de croisiéristes, représente une manne financière non négligeable pour la ville.
Malgré les tensions croissantes entre les riverains et le tourisme de masse, le maire adjoint des affaires économiques, Melanie Leonhard, estime que le secteur des croisières est vital pour l'économie locale. Les recettes générées par la taxation des navires permettent un réinvestissement dans les infrastructures de la ville. « Sans les croisières, de nombreux emplois n'existeraient pas », s'est-elle exprimée dans un entretien avec le journal SZ.
Cependant, des voix discordantes s'élèvent, notamment celles de Gerrit et Frederik Braun, fondateurs de Miniatur Wunderland, l'attraction touristique la plus visitée d’Allemagne, qui déplorent que l'afflux de croisiéristes dépasse les capacités d'accueil. Marco Hosemann, architecte engagé auprès du parti Die Linke, rappelle que les habitants fuient la ville durant les mois d'été, face à cet afflux de visiteurs.
Alexis Papathanassis, expert en tourisme, a souligné que si la tendance à la hausse du tourisme de croisière devrait se maintenir, il est essentiel de l'orienter vers une gestion durable et responsable, pour éviter la situation critique à laquelle fait face Venise. Comme il le déclare, « il est encore possible de diriger cette dynamique vers le bon chemin », soulignant l'importance d'une approche équilibrée entre le développement économique et la préservation du cadre de vie des habitants.







