Faut-il réviser les stratégies ? Alors que l'accord de paix entre l'Iran et les États-Unis signé le 17 juin dernier semble prometteur pour le marché pétrolier, Patrick Pouyanné a exprimé son soutien à l'idée de diversifier les sources d'approvisionnement lors de son intervention sur BFM Business.
Il a expliqué que bien que le détroit d'Ormuz soit partiellement rouverte, la situation reste fragile. "On a réussi à faire sortir des tankers bloqués, mais la principale difficulté reste de rassurer les armateurs qui craignent d'être à nouveau coincés," a-t-il déclaré.
"Nos équipes de trading sont actuellement à la recherche d'accords avec des armateurs pour importer du pétrole en provenance de l'Arabie, du Qatar et de l'Irak vers nos raffineries partout dans le monde," a ajouté Pouyanné.
Les prix des carburants toujours élevés
Ce processus pourrait s'avérer long, rendant difficile une baisse des prix des carburants sous les 1,90 euro dans l'immédiat. Selon Pouyanné, cette situation pourrait perdurer jusqu'à la fin de l'année.
Il a noté que les prix de l'essence et du diesel demeurent élevés, en partie parce que le pétrole prend environ 30 à 40 jours pour atteindre les raffineries et être transformé, surtout avec des stocks limités. Actuellement, le prix du baril oscille entre 95 et 100 dollars.
La réouverture du détroit d'Ormuz impacte également le paysage pétrolier. Les armateurs sont réticents à retourner dans cette région, ce qui augmente les coûts d'approvisionnement. Toutefois, face à cette problématique, les pays producteurs, désireux d'écouler leurs stocks, offrent des remises qui compensent le surcoût des tankers, a ajouté le PDG de Totalenergies.
Pour pallier ces incertitudes, Pouyanné insiste sur la nécessité de diversifier les sources d'approvisionnement en pétrole. "Bien que le Moyen-Orient ait représenté jusqu'à 20 % de notre production, nous disposons d'autres réserves et nous pouvons ainsi garantir notre approvisionnement en France. À présent, le principal pays producteur pour Totalenergies est le Brésil, suivi de l'Angola, du Nigeria et de la Namibie," a-t-il précisé.
La Chine, un acteur clé dans le marché pétrolier
Tout en reconnaissant que les prix du baril avaient atteint des sommets durant le conflit au Moyen-Orient, Pouyanné a noté que sans l'intervention de la Chine, qui a fortement réduit ses importations, la facture aurait été bien plus élevée. "La Chine a modéré ses importations de 35 %, influençant directement les prix du pétrole," a-t-il conclu.







