À Blois, le magasin O’Pré des paysans, fondé par des producteurs locaux, peinera à séduire un large public malgré des débuts prometteurs.
« L’objectif principal était d’amener nos fermes en ville. » Ainsi s’exprime Stéphane Turbeaux, éleveur de bovins à Vallières-les-Grandes. En compagnie d’une quinzaine d’agriculteurs du Loir-et-Cher, dont certains pratiquaient déjà la vente directe, il s'interrogeait en 2017 sur la pertinence d’effectuer des trajets séparés pour acheter de la viande et des œufs. Ce projet de magasin a pris forme et, en septembre 2020, le magasin O’Pré des paysans voit le jour à Blois, avenue de Châteaudun.
Chacun des membres s’engage à consacrer une demi-journée par semaine à l’opération du magasin et à reverser un pourcentage de son chiffre d’affaires. « Cette belle aventure a duré six mois, puis la dynamique s’est estompée. » Le magasin compte maintenant entre 300 et 350 clients par semaine, mais selon le président de l'association, les temps sont durs. « On s’accroche, notre collectif fonctionne bien, nous fêterons nos six ans en septembre, mais il faut constamment rappeler aux consommateurs que nous sommes présents. »
« C’est devenu un acte militant »
Les consommateurs, parfois solidaires, souhaitent néanmoins des prix bas sur l’ensemble de l’année. L’éleveur de Vallières-les-Grandes souligne que l’alimentation ne représente qu’environ 15 % d’un panier de courses typique. « Pas d’intermédiaires, certes, mais nos frais demeurent : loyer, deux employés, une directrice à temps partiel. » Il note également que certains de leurs prix sont inférieurs à ceux des supermarchés. Cependant, il admet que la vente directe est désormais « un acte militant » pour auteurs et consommateurs.
Aujourd'hui, O’Pré des paysans regroupe neuf agriculteurs, déterminés à « mettre en lumière notre production et à montrer notre méthode de travail. » Pour espérer un meilleur équilibre économique, une hausse de la fréquentation est essentielle. « Atteindre 400 à 450 clients par semaine serait idéal, » conclut Stéphane Turbeaux, insistant sur sa conviction envers la vente directe, comme l'agglo qui les soutient.







