Dans le domaine de l'intelligence artificielle, la Chine ne cesse de resserrer l'écart avec les États-Unis. Récemment, la société Zhipu AI a dévoilé son nouveau modèle GLM-5.2, qui, selon des experts en cybersécurité, pourrait rivaliser avec les offres de pointe d'Anthropic et d'OpenAI en matière de détection des failles de sécurité.
Ce modèle affiche des performances impressionnantes en mathématiques et en programmation, bien qu'il ne soit, en moyenne, que 17 % moins performant que Fable 5, un des modèles les plus avancés américains. Tang Jie, cofondateur de Zhipu AI, a exprimé son optimisme, prévoyant qu'un modèle chinois de même calibre pourrait émerger d'ici fin 2026.
D'après une étude conduite par Semgrep, relayée par le Wall Street Journal, GLM-5.2 a surpassé Claude Opus 4.8 d’Anthropic sur certaines tâches. Les chercheurs soulignent que si les instructions sont appropriées, les deux IA peuvent atteindre des performances comparables pour détecter des bugs.
Au cours d'une récente conférence dédiée à la cybersécurité à Pékin, Zhou Hongyi, CEO de 360 Security, a insisté sur l'importance de partager ces technologies. Selon lui, « ce type d'arme puissante, pouvant transformer le paysage de la cyberguerre, ne devrait pas être la seule prérogative des États-Unis ».
Cette avancée arrive dans un contexte de durcissement des restrictions américaines concernant l'accès à des technologies avancées. OpenAI a récemment annoncé des limites sur l'accès à son modèle GPT-5.6, répondant à des préoccupations de sécurité du gouvernement américain. Ces mesures incluent des évaluations au cas par cas, une solution temporaire avant la mise en œuvre d’un décret sur le contrôle des modèles.
Les modèles chinois se distinguent également par leur accessibilité. GLM-5.2 est proposé en open source sous une licence MIT, favorisant son intégration et sa modification par les utilisateurs. À titre de comparaison, son coût d'utilisation est bien inférieur à celui des modèles américains, ce qui le rend séduisant pour un public croissant, y compris des entreprises américaines.
Comme le souligne The Economist, cette accessibilité n'est pas négligeable dans un marché où certains outils d'IA deviennent prohibitifs. DeepSeek, un autre modèle chinois, facture 0,87 dollar par million de tokens, tandis qu'Anthropic demande environ 50 dollars pour des services équivalents.
Ces prix compétitifs attirent de plus en plus d'utilisateurs. DeepSeek a vu une augmentation significative de ses clients américains ces dernières semaines, à tel point que Microsoft envisage d'intégrer l'IA chinoise à son service Copilot.
Cependant, la compétition ne se limite pas seulement aux prix. La fiabilité et la puissance de calcul constituent des facteurs cruciaux dans la bataille pour la domination de l'IA. Alors que Zhipu AI vante son approche ouverte, les modèles chinois restent confrontés à des défis techniques et pourraient faire face à de nouvelles restrictions américaines avec l'intensification des tensions géopolitiques.







