ENTRETIEN. Ancien dirigeant de Valeo et expert économique, Jacques Léger vient de revenir d'une mission de dix jours en Chine, où il a pu plonger au cœur du secteur automobile local.
Valeurs actuelles. Vous avez récemment effectué une immersion dans le secteur automobile chinois. Quelles sont vos impressions les plus frappantes ?
Jacques Léger. Notre mission immersive nous a permis d'assister à une avancée impressionnante de la Chine dans ce secteur. Nous avons visité des usines de géants comme BYD, Huawei, XPeng, et CATL. De plus, nous avons rencontré des étudiants à l'École nationale d'administration du Guangdong et participé à un colloque technique sur les véhicules intelligents à Hangzhou. Nous avons également été témoins d'une présentation passionnante sur la planification nationale par le Ministère du Plan chinois, ainsi qu’au Salon automobile de Pékin, où nous avons pu explorer l'ensemble des véhicules chinois.
L'une des observations les plus révolutionnaires est le nouvel écosystème mis en place par la Chine à l'échelle nationale. Cet écosystème implique tous les acteurs: État, provinces, constructeurs, fournisseurs, géants de la tech et banques. Ce réseau coopératif vise à créer le « potentiel de situation » le plus puissant au monde. Une fois ce potentiel établi, avec un accent sur les véhicules électriques, les batteries, les voitures autonomes et le cloud, c'est un véritablelibéralisme qui s'exprime, permettant aux meilleurs de s'imposer. Ce mélange unique de coopération collective et de compétition libérale est sans précédent, et peut être décrit comme un véritable « darwinisme administré ».
Cette vision est partagée par des experts en économie, qui soulignent que cette approche collective pourrait servir de leçon pour d'autres pays, notamment en Europe, où une telle coopération entre secteurs public et privé reste encore à développer. Pour plus d'informations sur ce sujet, consultez les analyses de Économie Matin et Le Monde.







