Dans un contexte où les questions écologiques prennent une ampleur croissante, l'émergence du métier de coordinateur d'éco production, représenté par des figures comme Etienne Labroue, marque un tournant dans l'industrie audiovisuelle. Ce professionnel a pour mission de réduire l'empreinte carbone des tournages, un défi nécessaire à relever. Les actions entreprises, bien que modiques en termes de budget, portent un impact significatif sur l'environnement.
Etienne Labroue, scénariste et réalisateur de formation, est aujourd'hui à la pointe de cette nouvelle dynamique. Après avoir constaté les effets dévastateurs des pratiques actuelles sur l'environnement, il a décidé de se former à la gestion écoresponsable des productions grâce à des sessions proposées par Ecoprod, afin d'apporter un changement tangible dans son domaine.
Le coordinateur d’éco production commence son travail en analysant le scénario d'un projet pour identifier les éléments les plus polluants. Les domaines tels que les déplacements, les décors et l'alimentation sont scrutés afin de réduire les coûts non seulement financiers, mais également environnementaux. Par exemple, privilégier la viande végétale au profit de la viande rouge peut réduire considérablement l'impact carbone d’un tournage, comme l'indiquent les experts de l'écologie.
Cinq étapes pour une production verte
La méthode d'Etienne, simple mais efficace, repose sur cinq étapes principales. Au-delà de l'évaluation initiale, il crée un plan d'action en étroite collaboration avec les équipes de production. Les choix alimentaires, la provenance des matériaux de décor, et l'utilisation de moyens de transport écoresponsables sont essentiels. L'expérience de Labroue nous enseigne que l'éco-production est avant tout une approche collaborative.
Des avancées majeures ont eu lieu aussi au sein des institutions. En 2025, les producteurs souhaitant bénéficier d'aides financières du CNC devront soumettre un bilan carbone, renforçant ainsi la nécessité d'une gestion écoresponsable. Des initiatives telles que la prime RSE + lancée lors du Festival de Cannes témoignent de l'engagement croissant de l'industrie envers l'éco-responsabilité.
Un coût abordable pour un grand impact
Une des préoccupations majeures des producteurs concerne le coût de l'éco-production. En réalité, il représente entre 0 et 1 % du budget total, selon une étude de Canal+. Les économies générées par des choix écoresponsables, tels que l'élimination des groupes électrogènes au profit d'une alimentation sur secteur, compensent souvent les investissements initiaux. Cela démontre que l'éco-responsabilité ne rime pas avec surcoût, mais plutôt avec efficacité.
Un changement de mentalité nécessaire
Malgré ces avancées, changer les mentalités n’est pas chose aisée. Etienne Labroue fait face à des résistances, comparant le cheminement des équipes à un processus de deuil où l'acceptation passe par divers stades. Sa philosophie « je ne suis pas un ayatollah » souligne l'importance de la persuasion douce pour impliquer les équipes sans les brusquer.
En regardant vers l'avenir, le tournage idéal se dessine comme un ensemble où l'éthique ne compromet pas la créativité. Cantines végétariennes, transport décarboné et matériaux réutilisés pourront, espérons-le, devenir la norme au sein de l'industrie. Le cadre du cinéma de demain ne devra pas être l'ennemi de l'art, mais plutôt son allié.
Les initiatives de coordinateurs comme Etienne Labroue ouvrent la voie à une transformation salutaire dans l’univers audiovisuel, rendant possible un avenir où l'art et l'écologie coexistent harmonieusement.







