Alors que le sommet du G7 s'ouvre à Evian, peu d'informations précises circulent sur les intentions de Donald Trump. Une chose est sûre : le président américain impose son propre calendrier et sa propre humeur. Ce dernier dépendra notamment des discussions avancées concernant un accord de paix avec l'Iran.
"Gérer Trump en 2023 n'a rien à voir avec son premier mandat," note Liana Fix, chercheuse au Council on Foreign Relations, en prévision de ce sommet réunissant la France, les États-Unis, l'Allemagne, le Canada, l'Italie, le Japon et le Royaume-Uni. Tous ces pays ont souffert des tiraillements commerciaux ou des intimidations diplomatiques du président américain, à l'exception de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi, qui jouit de sa faveur.
- "Se préparer au pire" -
Malgré une impopularité croissante aux États-Unis, qui menace son contrôle du Congrès lors des élections de novembre, et l'annulation des droits de douane par la Cour suprême, Trump ne semble pas incliner. Les Européens, quant à eux, ont appris à "espérer le meilleur tout en se préparant au pire", résume Fix.
"Je ne crois pas qu'il se présentera affaibli. Il continuera de vouloir dominer des sujets complexes," estime Jackson Janes, expert au German Marshall Fund of the United States. Victor Cha, du Centre d'études internationales et stratégiques (CSIS), souligne également que même s'il prétend ne pas aimer les rencontres multilatérales, il ne supporte pas d'être absent.
- Versailles -
Le président français Emmanuel Macron a réussi à convaincre Trump d'un dîner à Versailles après le sommet, une décision qui plaît à son goût pour le raffinement, et qui coïncide avec le 250ème anniversaire de l'indépendance américaine.
La France a également pris soin de ne pas coïncider la date du sommet avec un événement de MMA à la Maison Blanche, qui tombe exactement au moment de l'anniversaire de Trump.
Les analystes notent que les sujets que Paris souhaite aborder s'alignent sur les centres d'intérêt du président américain, notamment les déséquilibres commerciaux, jugés "pertinents" par un haut responsable américain.
- Ormuz et Ukraine -
Trump devrait utiliser cette occasion pour solliciter des alliances autour de la question de la sécurité dans le détroit d'Ormuz, notamment de la part de la France et du Royaume-Uni, tout en rencontrant des dirigeants du Qatar, des Émirats et d'Égypte.
Si la dynamique des relations traditionnelles a peu changé, la situation concernant l'Ukraine est différente. Max Bergmann, expert au CSIS, explique que contrairement à 2025, l'Ukraine est maintenant moins dépendante des États-Unis pour sa survie nationale.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, conscient des complexités d'une rencontre avec Trump, participera à une réunion de travail avec les dirigeants du G7, où un bref entretien entre les deux présidents pourrait avoir lieu, bien qu'aucun contact bilatéral formel ne soit prévu.







