La tension monte dans le Finistère alors que la Confédération Paysanne s'associe à la CGT dans une plainte pour "harcèlement" contre Maël de Calan, président du département. Les deux organisations s'indignent face à ce qu'elles qualifient de "pression disproportionnée" exercée sur les agriculteurs bénéficiaires du Revenu de solidarité active (RSA).
D'après les déclarations de Madeg Join-Lambert, co-secrétaire de la Confédération Paysanne du Finistère, des témoignages préoccupants révèlent que les allocataires sont soumis à des contrôles incessants et intrusifs. "Nous avons plusieurs adhérents qui nous contactent chaque semaine, souvent en détresse", confie-t-il. La situation s’exacerbe avec des demandes de documents minutieuses imposées par les autorités, même en période de forte activité agricole.
Des exigences administratives écrasantes
"En pleine saison agricole, certains agriculteurs se voient contraints de justifier les moindres détails de leurs revenus, jusqu'aux cadeaux de leurs aînés. Avec jusqu'à 70 heures de travail hebdomadaire aux champs, ils doivent aussi consacrer deux jours à la paperasse, toujours sous la menace d'une radiation", souligne Join-Lambert. Les agriculteurs craignent que ces contrôles trop fréquents les poussent à abandonner le RSA, qui pourrait être crucial pour traverser des périodes difficiles.
Les interprétations de la Mutualité sociale agricole (MSA), chargée d’administer le RSA, sont souvent défavorables, poussant certains à renoncer à leur droit. "Cela devient insupportable pour beaucoup d'entre eux, qui préfèrent se passer du RSA, même si c’est temporaire", déplore Join-Lambert. Une inquiétude partagée au sein de la communauté agricole, qui pourrait être contrainte d'arrêter leur activité face à des normes jugées inaccessibles.
Après de vains échanges avec le conseil départemental, la Confédération Paysanne a donc décidé de se porter partie civile dans cette affaire. La première audience est prévue pour le 15 juin prochain. Pour sa part, Maël de Calan se défend en arguant qu'aucune forme de harcèlement n'existe à l'égard des bénéficiaires du RSA et a annoncé des poursuites pour diffamation contre le secrétaire de la CGT du Finistère. "Nous ne sommes pas opposés aux contrôles, mais nous dénonçons le préjudice infligé aux agriculteurs", conclut Join-Lambert.







