Un nouveau coup dur frappe l'industrie française. La verrerie Duralex, qui a été reprise par ses salariés sous forme de Scop en 2024, envisage de demander un placement en redressement judiciaire. Cette démarche, qui devrait être initiée auprès du tribunal de commerce d'Orléans la semaine prochaine, constituerait le cinquième redressement judiciaire de l'entreprise en près de deux décennies.
La situation financière est particulièrement préoccupante. Des sources proches du dossier qualifient l'état de l'entreprise de "sombre" et dénoncent une gestion qualifiée de "catastrophique", ayant conduit Duralex dans une "impasse". Un témoignage indique que "les caisses sont vides" et que les salariés n'ont perçu que 50 % de leur dernier salaire. Ce lundi, le ministère de l’Economie a confirmé qu'un audit était en cours à la demande de l'État, en raison de la trésorerie jugée "tendue".
Mobilisation des fonds et incertitudes
Les récents ennuis financiers surviennent peu après une levée de fonds significative. En automne 2025, Duralex avait réussi à générer plus de 20 millions d'euros de promesses d'investissement dans le cadre d'une campagne visant à soutenir son redressement. Cependant, le départ de François Marciano, figure centrale de la reprise, à la mi-avril a placé l'avenir de l'entreprise sous une ombre d'incertitude. Il a été remplacé par Peggy Sadier, ancienne directrice marketing et commerciale, et son départ, annoncé comme "mis à pied" par la CGT, a suscité des inquiétudes.
Avant son retrait, Marciano avait établi des objectifs ambitieux de chiffre d'affaires, prévoyant 35 millions d'euros d'ici 2026 ou 2027, suivis d'un objectif de 39 millions à l'horizon 2030. Toutefois, certains experts jugent ces projections trop optimistes, évoquant des défis importants à surmonter pour retrouver l'équilibre financier. Environ 60 % des salariés de l'unique usine de Duralex avaient investi dans la coopérative, soutenue par la région Centre-Val de Loire et Orléans Métropole.







