Les préoccupations financières des hôpitaux en France s'intensifient en 2024. Selon une étude de la Direction des statistiques des ministères sociaux (Drees) publiée le 20 mai dernier, le secteur public est confronté à un déficit alarmant de 2,9 milliards d'euros, marquant une aggravation par rapport aux 2,4 milliards de 2023. Dans le même temps, le secteur privé voit ses bénéfices chuter de 331 millions à 194 millions d'euros.
En effet, le déficit des hôpitaux publics représente 2,7 % de leurs recettes, une proportion jamais atteinte depuis 2005. « Sept hôpitaux sur dix sont actuellement déficitaires », affirme la Drees, soulignant un contexte difficile pour un secteur déjà éprouvé.
D'un autre côté, bien que l'encours de la dette ait diminué pour la troisième année consécutive, atteignant 29,9 milliards d'euros, l'effort d'investissement dans les infrastructures hospitalières reste insuffisant. Sélène Roux, économiste à l'Institut de recherche en santé publique, indique que « les plans de soutien initiés après la crise sanitaire n'ont pas permis de rétablir la situation financière globale des hôpitaux ». Elle souligne aussi que la part des établissements surendettés remonte à 33 % en 2024, écrasante pour un système déjà fragile.
Pour le secteur privé, la rentabilité est en berne avec 36 % des cliniques désormais déficitaires, une hausse par rapport à 2023. De plus, des disparités importantes demeurent selon les spécialités : la psychiatrie, par exemple, affiche une rentabilité bien plus élevée que celle des cliniques de médecine et de chirurgie. « La psychiatrie devrait servir de modèle pour optimiser le fonctionnement d'autres services », recommande Dr. Louis Bernard, spécialiste en économie de la santé.
En somme, la situation des hôpitaux français en 2024 est préoccupante. Les lacunes financières mettent à mal le fonctionnement des soins de santé, incitant à une réflexion urgente sur les politiques de financement et les priorités en matière de santé publique. Les experts s’accordent à dire qu’un changement significatif est vital pour assurer l’avenir du système de santé en France.







