Mercredi, l'Union européenne a finalisé un compromis provisoire relatif à l'accord commercial avec les États-Unis, réagissant à la pression présidentielle de Donald Trump, dans le but de tourner une page délicate des relations transatlantiques.
Dans un communiqué, la présidence chypriote de l'UE a annoncé : "Le Conseil et le Parlement ont réussi à s'accorder sur l'application des dispositions douanières de la déclaration commune adoptée le 21 août 2025 entre l'UE et les États-Unis." Cette avancée fait suite à des discussions tendues menées la veille à huis clos au Parlement européen à Strasbourg, après un précédent échec en mai.
Trump a fixé au 4 juillet, date commémorant le 250ème anniversaire de l'indépendance américaine, pour que l'UE ratifie l'accord. Il a menacé d'augmenter les droits de douane sur les voitures et camions européens de 15% à 25% si les engagements ne sont pas respectés.
"Aujourd'hui, l'Union européenne honore ses promesses", a proclamé Michael Damianos, ministre chypriote de l'Énergie, du Commerce et de l'Industrie. Il a souligné que maintenir un partenariat transatlantique fiable est bénéfique pour les deux parties.
Cet accord implique la suppression des droits de douane sur la majorité des importations en provenance des États-Unis, en échange d'une limitation des droits de douane américains à 15% sur les produits européens. Cependant, le Parlement a précédemment exigé des garanties supplémentaires qui étaient difficiles à accepter pour les États membres.
- Points de blocage -
Un des principaux obstacles concernait une clause de suspension, destinée à annuler les conditions douanières avantageuses pour les exportateurs américains si les États-Unis enfreignaient les termes de l'accord. Les eurodéputés ont finalement accepté des exigences moins sévères. Le texte adopté permet notamment aux États-Unis jusqu'à la fin de l'année pour retirer les surtaxes supérieures à 15% sur les composants en acier.
D'autres points de controverse incluaient les clauses "sunrise" et "sunset", stipulant que l'accord entrerait en vigueur uniquement lorsque les États-Unis respecteraient leurs engagements, et qu'il expirerait sans renouvellement en 2028. La clause "sunrise" a été abrogée, tandis que la "sunset" a été prolongée jusqu'à fin 2029.
Bernd Lange, président de la commission du commerce international du Parlement européen, a su rassembler différents groupes parlementaires dans un contexte d'intenses négociations de dernière minute. Il a affirmé que "le Parlement a réussi à imposer ses exigences pour assurer un filet de sécurité solide".
L'accord a été quelque peu entravé par des tensions liées à des sujets géopolitiques récents, comme les ambitions de Trump concernant le Groenland, ainsi que son revers judiciaire sur les droits de douane par la Cour suprême américaine. De plus, certains pays européens ont suscité la méfiance de la Maison Blanche par leur critique de la guerre en Iran.
Malgré ces défis, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a réaffirmé que "un accord est un accord", garantissant que l'UE tiendrait ses engagements pour sauvegarder ses relations commerciales avec son premier partenaire.







