« Il est impératif que TotalEnergies trouve un moyen efficace de redistribuer ses bénéfices », a déclaré le Premier ministre ce mercredi lors des questions au gouvernement. Sébastien Lecornu a exprimé ses préoccupations face à la hausse importante des prix, mettant en avant les profits record réalisés par le géant pétrolier en raison de la montée des prix du pétrole et du gaz en lien avec les tensions au Moyen-Orient.
En évoquant ces profits, le Premier ministre a posé une question cruciale : « Qui profite de cette situation ? » Selon lui, l’État ne tire pas profit des augmentations à travers les taxes, contestant ainsi les soupçons selon lesquels il s’enrichissait de la situation. Il a précisé que la « cagnotte du début de cette guerre », représentant un surplus fiscal de « 170 millions d’euros », reste limitée à cause des efforts du gouvernement pour instaurer « des mécanismes d’aide directe » aux populations affectées.
Les raffineurs, dont TotalEnergies, sont sous le feu des critiques, tout comme les distributeurs. Michel-Édouard Leclerc, figure du secteur, a appelé les acteurs à justifier la hausse des prix. Bien que Sébastien Lecornu ait exprimé son opposition au « Total bashing », il a affirmé que des résultats financiers exceptionnels méritent une réflexion sur la redistribution des bénéfices.
Le Premier ministre a également rappelé que TotalEnergies avait pris des dispositions pour plafonner les prix à la pompe, une décision qui a attiré un grand nombre de clients vers ses stations-service.
Cette déclaration coïncide avec l’annonce par TotalEnergies d’un bénéfice de 5,8 milliards d’euros pour le premier trimestre, une augmentation de 50 % par rapport à l'année précédente. La société a annoncé une hausse de 5,9 % de son dividende pour les actionnaires, ce qui relance le débat sur la taxation des « superprofits ». Manuel Bompard, des Insoumis, a vivement critiqué cette situation, accusant le gouvernement de favoriser les intérêts de BlackRock et des actionnaires au détriment des citoyens.
Sur un plan plus large, Sébastien Lecornu a souligné l’urgence de réduire la dépendance de la France aux produits énergétiques étrangers. « Nous subissons une crise des prix liée à l’inflation importée », a-t-il affirmé, ajoutant que l’échec des pourparlers entre Israël, les États-Unis et l'Iran accentue cette problématique, impactant directement le pouvoir d'achat des Français à la pompe.







