Le 27 avril, la direction de Forvia a confirmé la vente de sa division "Intérieurs" pour un montant de 1,82 milliard d'euros, cédée au gestionnaire d'actifs américain Apollo. Cette opération impacte près de 31 000 salariés et vise à alléger une dette évaluée à "au moins un milliard d'euros".
Avec cette décision, Forvia, un acteur majeur de l'équipement automobile, cherche à se désendetter tout en justifiant son choix par des explications liées aux tensions économiques au Moyen-Orient. Selon l'Humanité, la division "Intérieurs" représente environ un cinquième du chiffre d'affaires de Forvia, soit près de 4,8 milliards d'euros, répartis sur 59 sites.
10 000 suppressions d’emplois d’ici 2028
Cette cession, à laquelle des procédures d'information et de consultation des syndicats doivent être ajoutées, représente une réponse concrète aux difficultés économiques persistantes du groupe, exacerbé par une chute des ventes sur le marché chinois. Actuellement, le chiffre d'affaires de Forvia a connu une baisse de 6,4 % pour le premier trimestre 2026.
Après plusieurs années de pertes, notamment en 2020, 2021 et 2022, Forvia n'a réussi qu'à tirer un resultat positif en 2023, suivi d'une perte de 185 millions d'euros. Au total, le constructeur a prévu environ 10 000 suppressions d'emplois d'ici 2028, dont 6 400 ont déjà été mises en œuvre.
La récente annonce de Stellantis concernant l'arrêt de la production automobile à Poissy d'ici à 2028, impliquant la suppression de 1 000 emplois, pourrait également avoir influencé cette vente. En effet, Forvia, en tant que l'un des sous-traitants majeurs de Stellantis, se trouve directement touché par les décisions stratégiques de son client. Le site de Méru, dédié à la production de tableaux de bord, est particulièrement concerné, représentant un tiers du chiffre d'affaires de Forvia.
Simon François, superviseur de production et élu CFDT, n'a pas manqué d'alerter que "si Stellantis s’arrête, nous aussi", une préoccupation que de nombreux employés partagent actuellement. Selon Martin Fischer, directeur général de Forvia, la vente couvre "l’ensemble du champ d’activité" de la division d’aménagements intérieurs, à l'exception de Materi’act, la branche spécialisée dans les plastiques durables.
Alors que d'autres cessions ne semblent pas à l'ordre du jour, la situation s'annonce pour le moins incertaine et turbulent pour l'avenir de milliers d'emplois dans cette grande entreprise française.







