Ce lundi, le centre pénitentiaire d'Orléans-Saran est entièrement bloqué. Ce mouvement de protestation, initié par les syndicats Ufap-Unsa Justice et CGT, vise à révéler la grave problématique de surpopulation carcérale ainsi que le manque criant de surveillants. Bien que cette institution ait ouvert ses portes en 2014, elle fait face aux mêmes difficultés que bien d’autres établissements pénitentiaires.
1 070 détenus pour 620 places
Le CEPOS, qui a un fonctionnement basé sur le modèle des cellules individuelles, est aujourd'hui contraint d'accueillir jusqu'à 1 070 détenus pour une capacité de seulement 620 places. Joseph Pita Mukuna, délégué Ufap-Unsa, constate une dégradation alarmante de la situation. Selon lui : "Nous étions à un taux d'occupation de 100 à 110%, ce chiffre grimpe aujourd'hui à 160%. En plus, le manque de personnel s’accentue, avec 50 agents absents. Nous sommes seulement 170 surveillants pour un effectif prévu de 220." Ainsi, le climat dans cette prison, déjà threadé, devient toujours plus tendu.
Les conditions de détention deviennent insoutenables pour certains. "180 détenus dorment sur des matelas à même le sol," repartent les syndicats, soulignant les préoccupations sécuritaires inhérentes à cette surpopulation. Christophe Calin, représentant CGT, partage cette inquiétude : "Il y a une pression constante et une fatigue chronique liée aux heures supplémentaires que nous devons effectuer fréquemment." Il ajoute : "Certaines journées, les agents travaillent avec la peur au ventre, surtout quand ils doivent ouvrir des cellules surpeuplées. La situation devient explosive."
Le quartier des femmes sous tension
La prison des femmes d'Orléans n'est pas épargnée par cette crise. Stacy Cabrimol, surveillante, relate qu'elles aussi sont confrontées à des conditions similaires : "Chaque cellule abrite trois détenues, et le personnel est insuffisant. Ce manque de ressources nous empêche d'assurer correctement nos missions de suivi des détenus. Nous sommes démunies face à la montée de la violence, tant verbale que physique." Les surveillants demandent un plan pluriannuel de résorption des emplois vacants et l'instauration de peines alternatives à l'incarcération, en espérant trouver des solutions face à cette situation critique.







