BlaBlaCar a révélé, ce mardi 21 avril, son projet de cesser BlaBlaCar Bus, un service d’autocars en proie à des pertes continues. Cette décision, qui sonne comme un coup dur pour le marché des transports en France, implique la suppression de 40 postes, laissant FlixBus en position de quasi-monopole pour les liaisons longue distance.
Dans un communiqué, le géant du covoiturage a déclaré : "Cette décision répond aux défis économiques structurels auquel BlaBlaCar fait face dans ce secteur." Ainsi, la santé financière dégradée du service d'autocars a conduit à cette cessation, laissant des sous-traitants dans l'incertitude.
BlaBlaCar se projettera dorénavant en tant que marketplace, se concentrant sur l'accompagnement des autocaristes indépendants souhaitant opérer ces lignes. Malgré la fermeture de ce service, la vente de billets et les liaisons continueront d’exister sous d’autres formes.
Le service d'autocars, lancé après le rachat de Ouibus à la SNCF en 2019, avait pour ambition de desservir de nombreuses destinations, avec des chiffres de fréquentation encourageants. En 2024, BlaBlaCar Bus revendiquait environ 18 millions de passagers. Pourtant, le modèle économique de l'entreprise reposant sur des prix bas, séduisant principalement une clientèle jeune, s'est révélé trop fragile.
Une réaction du secteur
Les préoccupations émergent dans le milieu professionnel. L'Organisation des transporteurs routiers européens (Otre) a exprimé "une vive inquiétude" face à cette décision. L'organisation a ajouté que "les conséquences pourraient être majeures pour les transporteurs travaillant pour BlaBlaCar Bus", ce qui souligne la vulnérabilité des acteurs du secteur dans un contexte déjà difficile.
Les experts du secteur, comme le professeur en économie des transports à Paris-Saclay, François Récipon, notent que la fin de BlaBlaCar Bus pourrait entraîner une réorganisation significative du marché, (source : Le Monde). Il souligne que "sans concurrence directe, il risque d’y avoir une montée des prix, surtout sur les lignes à forte demande".
En conséquence, l’Otre doit porter attention sur la nécessité d’une "transparence totale sur le calendrier" de la cessation du service, ainsi que sur un "accompagnement renforcé des transporteurs partenaires" pour sécuriser leur avenir. Le marché des liaisons par autocar, qui a été libéralisé en 2015, subit déjà les effets de cette décision inattendue.







