Les allées du plus grand salon horloger au monde sont remplies, les stands flamboyants attirent l'attention, bien que l'effervescence ait quelque peu diminué depuis la pandémie. Qu'il s'agisse des droits de douane américains ou des prix croissants des métaux précieux, le climat économique actuel impose des ajustements, comme le souligne Bertrand Meylan, dirigeant de H. Moser&Cie : "Nous devons être attentifs à ce qui se passe dans le secteur, notamment en matière de ventes."
"Le marché devient de plus en plus polarisé. Les grandes maisons connaissent une forte demande, pendant que les plus petites souffrent d’un manque d’intérêt," explique Meylan.
Tandis que l’horizon s’assombrit pour certaines, d'autres comme Raymond Weil maintiennent leur optimisme. Son dirigeant, Eli Bernheim, exprime sa confiance malgré les défis : "Nous avons un bon positionnement prix qui nous permet de rester compétitifs," évoquant le segment des montres entre 1.000 et 5.000 euros qui est plus prisé. Une stratégie qui semble porter ses fruits dans un contexte incertain.
Diversifier pour mieux faire face
La diversité géographique semble être une stratégie efficace pour atténuer les risques. H. Moser&Cie maintient une répartition équilibrée de ses ventes entre l'Amérique, l'Europe et l'Asie, un aspect vital alors que les États-Unis peuvent envisager de nouvelles barrières tarifaires.
"Avoir une base globale de 30% sur chaque continent est essentiel," affirme Meylan.

Les préoccupations économiques résonnent fortement, notamment la flambée des prix de l'or, qui pousse de nombreuses marques à repenser leurs offres. "Il faut redoubler de créativité pour maintenir la rentabilité," note Victor, un responsable d'atelier, constatant une baisse significative des ventes dans le segment d'entrée.
Un désir persistant pour le luxe
Pour les maisons plus établies comme Vacheron Constantin, la réponse à ce nouveau contexte réside dans la création de valeurs culturelles et émotionnelles, plutôt que dans le volume de vente. Sandrine Donguy mentionne que la quête de beauté et d'art reste inébranlable malgré les fluctuations du marché.
"Nos montres ne répondent plus uniquement à un besoin fonctionnel, elles évoquent des récits et des émotions," déclare-t-elle.
Il est indéniable que la volatilité du marché met à l'épreuve l'ensemble du secteur horloger suisse, mais un fait demeure : le désir pour des pièces uniques et de luxe ne faiblit pas. Cela représente un atout majeur pour un avenir qui, malgré ses incertitudes, semble toujours prometteur.
Les jeunes générations commencent à montrer un intérêt croissant, un indicateur positif pour l'avenir de l'horlogerie. Emmanuel Perrin de Panerai souligne : "L’horlogerie mécanique suisse a prouvé sa résilience au fil des décennies." En somme, les horlogers suisses continuent d'adapter leur stratégie en maintenant le cap sur l'innovation et la qualité.







