Le groupe de presse Centre France, qui emploie près de 1 600 personnes à travers huit quotidiens dans 15 départements, a récemment révélé son sixième plan social en seulement douze ans. La rédaction d'Orléans, sous la pression de la baisse des ventes et d'une perte anticipée de 4,6 millions d'euros en 2025, se voit contrainte de supprimer 13 postes, soit une part significative de ses effectifs.
Lors d'un CSE extraordinaire, le nouveau directeur général, Francis Gaunand, arrivé en novembre dernier, a exprimé des inquiétudes majeures : "Sans des mesures immédiates, notre avenir pourrait être compromis. Ces économies, chiffrées à 2,5 millions d'euros, sont indispensables", a-t-il déclaré.
Des craintes partagées parmi les journalistes
La situation à Orléans est particulièrement préoccupante. La République du Centre va perdre huit membres de la rédaction, dont six journalistes, ainsi qu'un photographe et un responsable adjoint aux sports, ce qui représente près d'un quart de l'équipe. "Tout le monde a peur, tant à court qu'à long terme", confie un journaliste qui préfère garder l'anonymat. En comparaison, le quotidien La Montagne se prépare à une suppression encore plus lourde avec 65 postes annoncés, un contexte qui rend la situation d'Orléans presque moins alarmante.
Cette annonce, longtemps redoutée, s'inscrit dans une tendance inquiétante de l'érosion du secteur de la presse régionale. Les dernières statistiques montrent une chute de 6,53 % de la diffusion de La République du Centre, avec seulement 18 444 exemplaires écoulés en 2025. "Face à la dégringolade générale des diffusion et à l'émergence de l'intelligence artificielle, l'avenir de notre profession est vraiment en jeu", alerte un journaliste.
Laurence Coupérier, déléguée du SNJ, s'est également inquiétée de la capacité des équipes à assumer la couverture de l'actualité locale alors que les effectifs continuent de fondre. La situation actuelle souligne la fragilité d’un secteur déjà mal en point et appelle à une réflexion profonde sur l'avenir du journalisme local.







