Les projets d'énergies renouvelables (ENR) de grande envergure, dont le coût de production est compétitif, pourraient être soutenus par le Livret A, similaire à ce que le gouvernement envisage pour les nouveaux réacteurs nucléaires, comme l'indique un rapport publié jeudi et consulté par l'AFP.
"Il est possible que l'État permette un financement partiel de certains projets ENR grâce aux fonds d'épargne de la Caisse des dépôts et consignations, ce qui allégerait le coût de la dette associée," écrivent les auteurs de ce document.
Jean-Bernard Lévy et Thierry Tuot ont été chargés par le Premier ministre Sébastien Lecornu d'évaluer l'impact financier des énergies renouvelables sur les finances publiques et le système électrique français.
Selon leur rapport, ce mécanisme pourrait être proposé aux acteurs des projets présentant les coûts de production les plus compétitifs, tels que les grandes éoliennes terrestres, les installations solaires et, en particulier, les éoliennes offshore.
Un soutien public de plus de 10 milliards d'euros dans les prochaines années?
Cette recommandation s'inscrit parmi les 45 suggestions sur "l'optimisation des soutiens publics aux énergies renouvelables électriques et au stockage". Le financement des énergies éoliennes et solaires fait l'objet de débats passionnés parmi les parlementaires, partagés entre partisans des renouvelables et du nucléaire. Les experts prévoient que l'aide de l'État au photovoltaïque et à l'éolien augmentera considérablement dans les années à venir, atteignant potentiellement plus de 10 milliards d'euros par an d'ici cinq ans.
Pour atténuer ce coût, ils plaident pour la mise en place d'accords contractuels privés (Power Purchase Agreements, PPA) accompagnés d'un système d'assurance par l'État, réduisant ainsi le risque de prix négatifs, qui pénalise les finances publiques. Il est impératif de renforcer les capacités de stockage par batteries pour gérer la variabilité de l'éolien et du solaire, augmentant ainsi l'efficacité du soutien public aux énergies renouvelables.
Jean-Bernard Lévy et Thierry Tuot soulignent également que la durée des processus d'instruction des projets est un facteur de coût élevé, en comparaison avec d'autres pays européens. "Si les installations en France étaient aussi efficaces que celles de nos voisins, nous pourrions réduire les soutiens publics directs de plus d'un milliard d'euros chaque année," concluent-ils. Ces recommandations pourraient donc transformer la manière dont la France aborde ses politiques énergétiques et financières.







