Le président chinois Xi Jinping a accueilli le 10 avril dernier Cheng Li-wun, cheffe de l'opposition taïwanaise et présidente du Kuomintang (KMT), à Pékin. Il s'agit de la première visite d'un dirigeant du KMT en Chine depuis une décennie. Cette rencontre se déroule dans un climat de tensions grandissantes entre Pékin et Taïpei, marqué par des échanges diplomatiques souvent houleux.
Cheng Li-wun a qualifié ce voyage, qui suscite des débats à Taïwan, de moyen pour « semer les graines de la paix ». Ce contexte est d'autant plus complexe que la Chine considère Taïwan comme une province à réintégrer, une situation qui fait craindre le recours à la force si la discordance entre les deux rives se poursuit. Dans ce climat tendu, des experts, comme l'analyste politique Jean-Marc Lièvremont, estiment que “la visite de Cheng pourrait ouvrir une voie vers un dialogue moins conflictuel”.
Depuis 2016, la présidence taïwanaise est occupée par le Parti démocrate progressiste (DPP), dont le discours indépendantiste a exacerbé les relations avec Pékin. Le président actuel, Lai Ching-te, est considéré par la Chine comme un séparatiste, vision que Cheng souhaite modestement tempérer. Dans une déclaration sur Facebook, il a pointé du doigt les actions militaires de la Chine autour de Taïwan, les qualifiant d'« atteinte à la paix et la stabilité régionale ».
Une visite historique controversée
Pékin a intensifié ses pressions sur Taïpei, multipliant les exercices militaires aux abords de l'île. Dans ce contexte, Cheng Li-wun a déclaré que « les deux rives du détroit ne sont pas condamnées à la guerre », position que ses détracteurs à Taïwan interprètent comme une soumission à l’influence chinoise. Toutefois, des analystes tels que Marie-Pierre Hsu, experte des relations taïwano-chinoises, estiment qu'“un dialogue ouvert pourrait permettre d’initier des solutions pacifiques à long terme”.
Lors de leur rencontre, Xi Jinping a exprimé sa conviction d'un avenir commun entre les Chinois et les Taïwanais, soulignant la nécessité de surmonter les conflits politiques. Cheng Li-wun a affirmé que les deux parties doivent « réfléchir ensemble et construire une communauté de destin prospère et bénéfique pour les deux rives ».







