Une bouffée d'air pour les agriculteurs en difficulté : 20 millions d'euros d'aides sociales

Le gouvernement soutient les exploitations fragiles avec une aide de 20 millions d'euros.
Une bouffée d'air pour les agriculteurs en difficulté : 20 millions d'euros d'aides sociales
Un tracteur fertilise le sol dans une ferme du Maryland, aux États-Unis, le 20 mars 2025 (photo d'illustration). - JIM WATSON / AFP
Les cotisations des "exploitations les plus exposées à un risque de bascule" seront prises en charge par l'État, pour un montant de 20 millions d'euros.

Face à la flambée des coûts liés à la crise énergétique exacerbée par la guerre au Moyen-Orient, le gouvernement français a annoncé la mise à disposition d'une enveloppe de 20 millions d'euros pour alléger le fardeau des agriculteurs en difficulté. Ces aides visent spécifiquement les exploitations les plus vulnérables, comme précisé par le ministère de l'Agriculture à l'AFP.

"Les exploitations menacées de perte de rentabilité bénéficieront d'une prise en charge exceptionnelle de leurs cotisations sociales dues à la Mutualité sociale agricole (MSA)," a précisé le ministre, annonçant une aide ciblée pour éviter des pénalisations financières majeures pour ces agriculteurs.

This initiative s'ajoute aux reports d'échéances fiscales et à la mise à disposition d'un "prêt flash carburant" pour soutenir les petites et moyennes exploitations. En avril, l'État a également suspendu les droits d'accise sur le gazole non routier (GNR), une décision qui représente un coût de 14 millions d'euros pour le mois d'avril.

Une réponse graduée et ciblée sur les exploitations fragiles

La taxe sur le GNR agricole, qui avait considérablement augmenté, a ainsi été réduite, avec une baisse de quatre centimes par litre. D'après les données officielles, son prix a grimpé de 1,28 euro à 2,094 euros en un mois.
La FNSEA, principale organisation syndicale agricole, a cependant jugé ces mesures insuffisantes, appelant à une réduction de 30 centimes par litre. "Il n'est pas acceptable que certains agriculteurs affrontent seuls cette crise de coûts," a déclaré un membre de la FNSEA.

"L'État doit intervenir pour garantir la survie des exploitations", a-t-il souligné.

La ministre Annie Genevard défend une approche "graduée et ciblée", rassurant que cette mesure exceptionnelle vise à préserver le potentiel de production nationale. "Nous devons empêcher que la crise énergétique fragilise notre secteur agricole", a-t-elle indiqué dans un communiqué à l'AFP.

Des aides ajustées

Le gouvernement envisage une baisse des prix des carburants, en accord avec la chute des prix du pétrole suite à un récent cessez-le-feu en Iran. Ces baisses pourraient se matérialiser dès demain, selon le ministre du Commerce Serge Papin, bien que ce dernier prenne soin de nuancer ce pronostic en raison de la volatilité des marchés.

Plutôt que d'octroyer des aides généralisées, l'exécutif mise sur un soutien ciblé aux secteurs les plus touchés, notamment les travailleurs du transport et les aides-soignants. "Il n'y aura pas d'aide universelle", a réaffirmé Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement et ministre de l'Énergie.

Ce soutien prend la forme d'un plan de 70 millions d'euros annoncé fin avril, finançant des mesures pour les secteurs agricoles, de transport et de pêche, afin de répondre aux défis imposés par la hausse des coûts de l'énergie.

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