Avec une stabilité déconcertante, le prix du bioéthanol se maintient autour de 75 centimes le litre, tandis que l’essence atteint des sommets alarmants, dépassant les 2 euros. Cette situation s'est intensifiée après le choc pétrolier causé par les tensions au Moyen-Orient, notamment l'attaque de l'Iran par Israël et les États-Unis.
La raison de cette stabilité ? Composé principalement de matières végétales comme le maïs et la betterave, le bioéthanol est moins affecté par les fluctuations des marchés. Le traitement fiscal joue également un rôle : les taux de taxation sur le bioéthanol sont plus faibles, permettant un prix final plus attractif. En conséquence, la demande pour des boîtiers de conversion vers le bioéthanol a explosé, selon le distributeur Leclerc, qui a constaté une multiplication par trois de leurs ventes en mars 2026 par rapport aux deux mois précédents.
« Cette tendance rappel celle de 2018 lors des Gilets jaunes, où le prix des carburants battait des records », déclare Charles Larroque, un garagiste de Montauban. Installateur de boîtiers de conversion, il souligne qu’environ 90 % des voitures à essence peuvent être adaptées à ce type de carburant. Bien que l'installation demande un investissement initial de 700 à 1.200 euros, le retour sur investissement se fait rapidement, assurant une économie significative pour l'utilisateur.
Hélène, propriétaire d'une Ford Fiesta Flexifuel, témoigne de son expérience positive. « Mon plein ne me coûte que 17 à 20 euros pour 500 kilomètres, alors qu’avec de l’essence j'aurais dépensé trois fois plus », raconte-t-elle. Pour nombreux, cette solution apparaît désormais comme une alternative essentielle face à l'augmentation constante des prix des carburants fossiles.
Le bioéthanol présente également des avantages environnementaux, permettant une réduction des émissions de particules fines. Cependant, le développement de cette filière est encore en cours et certains experts soulèvent des préoccupations concernant la monoculture et son impact sur la biodiversité. Alexis Andrieu, de la société Biomotors, évoque des pistes de création de carburant à partir des déchets de la viticulture, ce qui pourrait compenser les effets négatifs actuels.
Pour conclure, bien que le bioéthanol reste critiqué, il apparaît comme une solution viable pour naviguer dans l'incertitude économique actuelle. « C'est une solution simple pour se protéger du contexte géopolitique », affirme Charles Larroque. Alors que le marché des voitures électriques émerge, de nombreux automobilistes pourraient se tourner vers le bioéthanol pour alléger leur budget de carburant.







