Dans un incident sans précédent, la police israélienne a empêché le Patriarche latin de Jérusalem, ainsi que le chef des franciscains en Terre sainte, d'accéder à l'église du Saint-Sépulcre pour célébrer la messe des Rameaux. Cette situation a été qualifiée de "grave précédent" par Emmanuel Macron, qui a vivement réagi le 29 mars.
Selon les déclarations officielles, ce déni d'accès est perçu comme une "offense" aux millions de croyants. Rome a exprimé son indignation face à cette décision des autorités israéliennes. Un communiqué du Patriarcat latin et de la Custodie de Terre Sainte rappelle que pour la première fois en des siècles, les chefs religieux ont ainsi été empêchés de célébrer un rite fondamental.
Le cardinal Pierbattista Pizzaballa et le Custode Francesco Ielpo ont été stoppés en chemin et ont dû faire demi-tour. Cet acte représente, selon leurs mots, "un manque flagrant de considération pour les sentiments de milliards de personnes" dans le monde entier qui se tournent vers Jérusalem en cette période sainte.
En 2023, le Patriarcat latin estime que moins de 2 % de la population de la Terre sainte est chrétienne, contre plus de 18 % lors de la création de l'État d'Israël en 1948, majoritairement orthodoxes.
Justifications policières
La police israélienne a justifié son intervention par des considérations de sécurité, évoquant la nécessité de contrôler les rassemblements en raison de la complexité de l'ancienne ville et des sites sacrés. Cette décision a été prise dans le contexte de tensions accrues, notamment suite à l'offensive militaire récente contre l'Iran.
La présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, a dénoncé cet incident comme "une offense non seulement pour les croyants, mais pour quiconque défend la liberté religieuse". Le ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a annoncé la convocation de l'ambassadeur d'Israël à Rome pour exprimer le mécontentement de l'Italie.
Dans un message publié sur son compte X, Emmanuel Macron a apporté son soutien au Patriarche latin et aux chrétiens de Terre Sainte, leur exprimant son "plein soutien" face à cette situation inédite.
Des conséquences sur les célébrations
Le dimanche des Rameaux marque le début de la Semaine sainte, célébrant l'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem. Traditionnellement, une procession part du mont des Oliviers, mais cette année, elle a été annulée par le Patriarcat pour des raisons de sécurité.
Des chrétiens palestiniens se sont regroupés au monastère Saint-Sauveur pour prier. "C'est très triste," a déclaré André, un fidèle de 51 ans. "Nous sommes habitués à cette procession, mais cette année, on nous interdit de célébrer comme nous le souhaitons." Simon, 25 ans, a pointé du doigt l'importance de cet événement : "C'est dommage de devoir nous limiter à l'intérieur, beaucoup de personnes viennent du monde entier pour célébrer dehors".
Appel à la paix
Le pape Léon XIV a aussi exprimé sa solidarité envers les chrétiens du Moyen-Orient dans une récente homélie. Après avoir prié lors de l'Angélus, il a rappelé que "Dieu n'écoute pas la prière de ceux qui font la guerre", soulignant la nécessité d'un dialogue pacifique dans un contexte où le conflit se propage dans la région.
Ce climat tendu et ces restrictions de liberté de culte soulèvent des inquiétudes parmi les fidèles, qui espèrent un retour rapide à la normalité.







