Dans les champs de Lozère, le mécontentement monte d'un cran parmi les exploitants agricoles. Le gazole non routier (GNR), essentiel pour le bon fonctionnement des tracteurs et autres machines agricoles, a vu son prix doubler en quelques mois. Cela fait dire aux membres de la Coordination rurale 48 qu'ils ne peuvent plus faire face à cette poussée inflationniste qui touche un secteur déjà fragilisé.
Pour sensibiliser le public, les agriculteurs ont choisi une action originale, optant pour une manifestation à cheval. "C'est symbolique, car le coût du GNR est devenu inacceptable. Nous faisons un parallèle avec l'époque où nous utilisions des bœufs ou des chevaux pour travailler," explique Gilles Estevenon, trésorier du syndicat. En effet, un tracteur peut consommer entre 10 et 15 litres par heure, un coût désormais difficile à supporter pour les exploitations.
Des charges qui explosent
Depuis le début de l'année, la hausse des prix n'a laissé aucune place à l'optimisme. "En janvier, le prix du GNR était de 70 centimes; aujourd'hui, il a pratiquement doublé," déplore Gilles Estevenon. Cette flambée des coûts survient à un moment crucial de l'année agricole, lorsque les semis et autres travaux en plein air sont imminents. Les agriculteurs commencent à s'inquiéter du manque de réaction du gouvernement face à une situation qui n'est pas sans rappeler les mouvements sociaux de 2018, lors des gilets jaunes, où une forte mobilisation avait eu lieu.
Les agriculteurs souhaitent avant tout faire passer un message de sensibilisation. À travers des banderoles, des bidons de carburant et des échanges avec les passants, l'objectif reste d'élargir la mobilisation à d'autres professions affectées par la montée des prix, telles que les transporteurs ou les ambulanciers. "Nous voulons informer et faire passer un cri d'alarme," conclut le syndicat.
La demande d’un plafonnement des prix
Un des points majeurs de leurs revendications est la demande d'un plafonnement du prix du gazole non routier. Les agriculteurs souhaitent un tarif maximal de 83 centimes par litre, croyant fermement que l'État doit intervenir pour réduire ou supprimer temporairement les taxes lorsque les prix du pétrole deviennent trop élevés. "Nous demandons aux élus de prendre en compte notre réalité professionnelle, car notre dépendance au carburant est totale," rappellent-ils. Cette situation préoccupante, relayée par France 3, illustre bien les défis auxquels le secteur agricole fait face actuellement.







