Ces derniers mois, l'hôpital Bretonneau à Tours a été touché par une pénurie significative d'anesthésistes. Cette situation critique a engendré le report d'un grand nombre d'opérations médicales, mais des perspectives d'amélioration se dessinent. Selon la direction du CHU de Tours, entre 100 et 150 interventions sont annulées chaque mois, représentant ainsi près de 35 % des procédures planifiées.
Les patients, dans l'attente de leur opération, se voient parfois proposer des alternatives dans d'autres établissements, notamment à Orléans, Poitiers, Le Mans ou Angers. Cette réalité suscite des interrogations, comme l’a souligné une représentante du syndicat Sud Santé Sociaux : “Nous assistons à une médecine à deux vitesses, où les cliniques privées sont privilégiées pour les cas simples, laissant le CHU gérer les cas complexes et urgents.”
Des patients en attente : la gestion du temps médical
Pour le moment, le CHU assure que les urgences sont toujours prises en charge. Cependant, la question de la perte de chance pour les patients dont les opérations sont décalées demeure préoccupante. Samuel Rouget, directeur général adjoint, précise : “La priorité est donnée aux interventions critiques, notamment en cancérologie et neurologie.”
Une crise nationale, mais plus aiguë en Centre-Val de Loire
La pénurie d'anesthésistes est un phénomène national, mais elle est particulièrement marquée dans la région Centre-Val de Loire, où le ratio d'anesthésistes est de 11 pour 100 000 habitants, contre 23 en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. “Nous avons 17 postes vacants ici au CHU de Tours, ce qui complique considérablement la situation,” déclare Rouget.
Des recrutements à l'horizon
Malgré ces défis, des solutions sont en cours. 16 recrutements sont prévus pour la rentrée prochaine, et des mesures intérimaires seront mises en place pour gérer la demande estivale. Pour le mois d’avril, la direction espère réduire à 70 le nombre d’opérations annulées, en mobilisant des médecins d'autres structures. Cela reflète un effort collaboratif au sein des trois blocs opératoires du CHRU qui accueillent 32 000 interventions par an.
Le CHU Bretonneau semble donc sur la voie de la normalisation, mais cette crise est un rappel fort des enjeux de la santé publique en France. Avec une attention accrue sur les priorités médicales, les patients peuvent espérer un rétablissement des services dans les mois à venir.







