Paraît que les meilleures intentions mènent parfois à de graves conséquences. La récente réalisation des allées de Riols, coûtant près de 2 millions d'euros, avait pour but d'améliorer la sécurité sur une voie déjà très fréquentée par 12 000 véhicules légers et environ 300 poids lourds par jour, comme l'indique l'Agglo d'Agen. Cependant, ce projet a pris une tournure inattendue qui a mis en difficulté plusieurs commerçants locaux.
Avec l'ajout d'une bande centrale en béton, les manœuvres des poids lourds ont été complètement compromises, rendant impossible les opérations de livraison pour des entreprises telles que Point P et Plaisirs du vin. Didier Raynal, propriétaire de Plaisirs du vin, s'est vu confronté à cette nouvelle réalité mardi 10 mars et a exprimé son exaspération : « J'ai le sentiment d’être le dindon de la farce. »
Le défi économique est immense pour son entreprise, qui a son siège à cet emplacement depuis près de trois décennies. L'entrepôt de Plaisirs du vin garantit la réception et l'expédition de plus d'1,5 million de bouteilles chaque année vers 13 magasins, dont un en Espagne et d'autres destinations lointaines allant jusqu'en Chine. Les livraisons habituelles impliquent entre trois et cinq semi-remorques de 38 tonnes par jour, mais cette routine est désormais impossible.
Une situation imprévue
Ce nouvel aménagement a non seulement bloqué l'accès à gauche, mais a également compliqué l'entrée des poids lourds en raison de l'accès limité par le rond-point. « Ce n'était pas ce qui avait été prévu initialement », souligne Didier. Lors d'une réunion de chantier en avril 2025, il avait été convenu que la bande centrale serait franchissable, une promesse qui n'est pas respectée.
Alors que Plaisirs du vin utilisait un autre entrepôt en attendant la fin des travaux, Didier mise maintenant sur un réajustement. Il regarde vers le Métro, à quelques mètres, qui n'a pas cette bande centrale entravant l'accès. « Un transporteur m’a même affilé qu’accéder ici était impossible sans risquer d'endommager son camion », ajoute-t-il.
La mairie de Boé avait demandé la pose de cette bande centrale pour éviter que les deux-roues ne traversent la route pour atteindre le fast-food à proximité. Les préoccupations de sécurité semblent donc avoir pris le pas sur celles économiques.
Fièvre de changement, Didier Raynal réclame désormais une solution qui lui permettra de poursuivre ses activités. Les responsables de l'Agglo d'Agen ont confirmé que les travaux sont terminés, mentionnant cependant que la bande centrale est encore considérée comme « infranchissable », inquiétant encore les acteurs locaux.







