Ce samedi 14 mars, l’École nationale de la magistrature à Bordeaux a été le théâtre d'une finale régionale captivante, rassemblant neuf lycéennes et un lycéen de dix départements différents. Cet événement, organisé par l'association Des territoires aux grandes écoles, a pour objectif de réduire les inégalités d'accès aux grandes écoles. Trois des participants ont décroché leur ticket pour la finale nationale prévue à Paris.
Derrière le pupitre, chaque candidat a quelques minutes pour défendre une citation tirée au sort. Jennifer Barton, élève en Charente-Maritime, raconte : "Nous avons deux à trois semaines pour préparer tout cela en plus du lycée et des démarches Parcoursup. C’est stressant, mais nous n’avons rien à perdre." Pour Anastasia Da Costa, 18 ans et scolarisée à Fumel, cette expérience représente avant tout un défi personnel : "Nous sommes là pour apprendre à parler et à oser."
Le jury, composé de deux magistrates de l'ENM, Laurence Roquigny et Violaine Frumin, a été attentif aux prestations des jeunes. Violaine, originaire d’un milieu rural, a affirmé : "Nous voulons leur transmettre le message de ne pas se limiter dans leurs choix d’orientation et d'aspirer à de grandes ambitions."
Réduire les inégalités d'accès
L'association Des territoires aux grandes écoles regroupe actuellement 62 structures locales, s'étendant de l'Hexagone aux territoires d'outre-mer. Son but est clair : permettre aux jeunes issus des territoires ruraux d’accéder à des opportunités équivalentes à celles de leurs camarades urbains. Selon une étude de l'Institut des politiques publiques, les chances d'un lycéen parisien d'intégrer une grande école sont quasi trois fois plus élevées que celles d'un élève d'une zone non francilienne (14% contre 5%).
Les obstacles, que ce soit d'ordre social, géographique ou psychologique, perdurent. Nathan Maurel, président de l'association, souligne : "La parole récurrente que nous entendons, c'est : 'C'est trop dur, trop loin, trop cher.' Pourtant, ces élèves possèdent souvent les mêmes capacités que les autres." Samuel Ouahab, expert sur ces questions dans le Tarn-et-Garonne, ajoute : "Des parcours dépendent souvent d’un professeur qui suggère : 'Tu devrais envisager une prépa.' Notre objectif est justement de fournir ces informations et de montrer que c’est réalisable."
Encourager la liberté d'essayer
Les organisateurs mettent en avant une vision positive : donner aux jeunes la liberté d'essayer. Nathan Maurel précise : "Nous ne disons pas à chacun de viser une grande école, mais nous les encourageons à ne pas se créer de barrières." Antoine Chavant, 19 ans et ancien lauréat du concours, témoigne : "Mon lycée comptait à peine 150 élèves. Participer à ce concours m’a fait découvrir de nouveaux horizons. Passer d’un petit lycée à une université parisienne représente un changement radical."
Résultats
Au terme de cette finale, deux lycéennes et un lycéen ont été sélectionnés pour la finale à Paris : Charlotte Harcot (Pays Basque), Ilyas Gursal (Haute-Vienne) et Maia Mercier (Haute-Vienne).







