Berthez, petit bourg de 300 âmes, se trouve à des milliers de kilomètres de Téhéran, où vivent plus de 9 millions de personnes. Pourtant, c'est de ce village rural que les Iraniens peuvent accéder à des informations fiables.
Sylvain Clament, président de Radio for Peace International, a lancé les émissions début mars, coïncidant avec le début des frappes israélo-américaines. Bien qu'il ne parle pas farsi, il diffuse quotidiennement des programmes d'une durée de trente minutes.
Infirmier de formation, Clament a pris la direction de cette station associative en 2019, élargissant sa portée pour informer non seulement les Afghans et les Ukrainiens, mais aussi les Iraniens. Le régime de Téhéran bloque parfois l'accès à Internet, laissant ses citoyens à la merci des médias d'État. « Notre mission est claire : apporter des informations où la censure sévit, et cela par le biais d'ondes courtes », affirme Clament.
Ondes courtes
« Les ondes courtes rebondissent sur l'ionosphère, ce qui leur permet une diffusion étendue à travers l'Iran », explique-t-il. Diffusée depuis un centre en Ouzbékistan, cette opération coûte environ 45 euros par jour. Bien que l'émetteur ait failli s'arrêter le 16 mars, des dons lui permettent maintenant de continuer son travail pendant six mois.

Les émissions sont diffusées entre 8h30 et 9h00 à Téhéran, offrant des analyses politiques, des messages pour les Iraniens et des nouvelles internationales. « Notre rédaction est composée de membres de la diaspora iranienne, incluant des journalistes et des chercheurs, d'orientations variées », ajoute Clament.
Militer pour la paix en contexte de risque
Risquer sa sécurité pour une telle cause ? « Beaucoup utilisent des pseudonymes par crainte pour leurs familles restées en Iran », souligne-t-il. Clament lui-même a déjà reçu des menaces de mort durant le conflit russo-ukrainien. Sa détermination, cependant, reste inébranlable : « Notre mission est de soutenir les gens lorsque tout cesse de fonctionner. Nous sommes une radio humanitaire. » Il espère insuffler de l'espoir aux Iraniens, y compris à travers des poèmes et des musiques, comme la fameuse chanson anti-guerre "Masters of War" de Bob Dylan. C'est un clin d'œil à leur engagement pour la paix et la justice.







