La dette publique d’un pays englobe tous les emprunts contractés par l’État pour financer ses dépenses, souvent meilleures que ses recettes. Ce phénomène se généralise en cas de déficit budgétaire ou de récession. En France, la dette publique a atteint 3 305,3 milliards d’euros, de plus en plus considérée par certains comme un enjeu à résoudre positivement.
Dette publique : état des lieux en France
L'État répond à des besoins d'intérêt général à travers des services tels que la santé, l'éducation, et la sécurité. Pour financer ces dépenses, les ressources proviennent principalement des impôts et des cotisations sociales. Lorsque les dépenses dépassent les recettes, l'État contracte des emprunts pour combler ce manque.
Ces emprunts, souvent réalisés via des obligations du Trésor, sont remboursés uniquement avec les intérêts, permettant un report de la somme principale à l’échéance, ce qui aggrave la dette en période de hausse des taux d’intérêt. L’Agence France Trésor (AFT) gère cette dette, tandis que son montant équivaut à 113 % du PIB, considérée comme un indicateur clé de la santé économique d'un pays.
Depuis 1974, la dette publique n’a cessé d’augmenter. La crise liée à la pandémie de Covid-19 a accentué cette tendance, l'État ayant dû emprunter davantage pour soutenir une économie en déclin, ajoutant ainsi près de 1 234,2 milliards d’euros en valeur au cours de la dernière décennie.
Les risques d'une dette publique élevée
Une dette publique excessive peut engendrer plusieurs conséquences économiques. Tout d’abord, une proportion significative du budget est consacrée au remboursement des intérêts, actuellement environ 7 % en France. Cela réduit les ressources allouées à des fonctions essentielles comme l'éducation et la sécurité.
Ensuite, une dette conséquente peut susciter l’inquiétude parmi les investisseurs privés, les dissuadant d’investir dans l’économie, vieillissant ainsi les infrastructures. En outre, un pays endetté peut voir sa crédibilité affaiblie, remettant en question sa capacité à rembourser ses obligations.
L'idée d'annuler la dette : un débat houleux
La proposition d’annuler la dette publique, bien que séduisante, soulève de nombreuses discussions animées parmi économistes et responsables politiques. Certains soutiennent que cela permettrait de réduire les arriérés et de recentrer les dépenses publiques sur des investissements stratégiques.
Une dette publique : outil économique ou poids lourd ?
Alors qu’une dette élevée peut avoir des conséquences néfastes, l’éradication de celle-ci n'est pas forcément la solution. Gérée avec prudence, la dette permet à l’État de financer des services essentiels, d'investir dans l'infrastructure et de soutenir la croissance. Une absence de dette pourrait réduire la capacité d'investissement, entraînant des coupes dans les dépenses publiques et une hausse de la fiscalité pour compenser.
Quelles implications légales pour annuler la dette ?
La France, en tant que membre de l’Union européenne, doit respecter les règles budgétaires établies. Selon celles-ci, la dette ne devrait pas dépasser 60 % du PIB, alors qu'elle est actuellement à 113 %. Des experts affirment même que l'annulation de la dette pourrait violer les traités européens, plaçant ainsi la France dans une situation délicate vis-à-vis de ses partenaires européens, notamment la Banque centrale européenne, qui détient une part significative de cette dette.







