Une vague de mobilisation s'intensifie dans le Morbihan alors que des agriculteurs expriment leur inquiétude face à un accord de libre-échange controversé entre l'Union européenne et le Mercosur. Ce vendredi, un vote crucial déterminera l'avenir de cet accord, incitant des centaines d'exploitants à se rassembler devant l'Assemblée nationale.
Les membres de la Coordination rurale ont débuté leur journée par une opération escargot sur la nationale 165, avant de se positionner sur l'aire de Boul Sapin à Brandérion. Leur objectif : contrôler les camions en transit pour scruter les marchandises importées. "Nous voulons savoir qui achète ces produits étrangers", déclare Noël Rozé, éleveur laitier à Caro.
Le succès de cette opération reste mitigé. Un premier camion contrôlé ne contenait que des produits provenants de l’intérieur du pays. Toutefois, un agriculteur s'emporte : "Il vient de livrer du beurre américain chez un grossiste, c'est un véritable scandale !" Un avis partagé par d'autres, qui dénoncent une concurrence déloyale engendrée par cet accord.
La crainte de l'arrivée massive de produits étrangers non conformes aux normes françaises est réelle. Les agriculteurs, tous en bonnets jaunes, savent qu'un certain nombre d'entreprises agroalimentaires pourraient jouer sur les prix pour préserver leurs marges, augmentant ainsi leur dépendance à des importations de qualité inférieure.
Les contrôles s'intensifient sur les routes françaises. "On espère obtenir des preuves que des produits non conformes traversent nos frontières", poursuit Nathalie, éleveuse de poules pondeuses.
Ronan Le Clec'h, président de la Coordination rurale du Morbihan, met en garde contre la vulnérabilité des producteurs français face à cet accord. "Nous sommes soumis à des normes strictes tandis que les importations proviennent de régions où les règles sont bien plus laxistes," souligne-t-il. Cette situation pourrait porter un coup dur à l'agriculture locale, estime-t-il.
Face à un avenir incertain, les agriculteurs du Morbihan continuent leur combat, espérant que leur mobilisation retentira dans les couloirs du pouvoir.







