Ce mercredi soir, une centaine de tracteurs, menés par des agriculteurs de la Coordination rurale, prennent la direction de Paris pour exprimer leur mécontentement face aux difficultés du secteur. Ignorant les conditions météo, ainsi que les interdictions préfectorales, ces manifestants souhaitent faire entendre leur ras-le-bol à l'égard des politiques agricoles en vigueur.
Les agriculteurs, principalement issus du Sud-Ouest, ont intensifié leurs actions depuis décembre 2022. Ils dénoncent la menace d'une concurrence accrue résultant des accords commerciaux, comme celui avec le Mercosur, qui pourraient favoriser les importations de produits moins chers en provenance d’Amérique du Sud, tassant ainsi les prix locaux. Selon Lionel Candelon, président de la Chambre d'agriculture du Gers, les agriculteurs maintiendront leur pression tant qu'ils n'auront pas obtenu de réponses claires de la part du gouvernement et de Bruxelles.
Alors que plusieurs dizaines de tracteurs étaient déjà aux portes de Paris mercredi soir, leur convergence vers des lieux symboliques de la capitale est prévue pour jeudi matin. Dans les Yvelines, certains manifestants ont forcé un barrage de gendarmerie, provoquant l'interpellation de plusieurs d'entre eux. Cette escalade des tensions témoigne d'un ras-le-bol légitime, alors que les difficultés s'accumulent : épizooties, hausse des coûts des matières premières et baisse des prix des produits.
De plus en plus de voix s'élèvent, comme celles de spécialistes agricoles, qui mettent en avant l'urgence d'adopter des politiques plus protectrices pour les agriculteurs européens. L'intersyndicale agricole de Haute-Garonne a dénoncé une gestion inquiétante de la situation par les autorités, tandis que d'autres experts avertissent que les conséquences des accords européens pourraient être désastreuses pour l'agriculture française. "Cette situation est inacceptable et illustre une dérive grave dans la gestion de ce mouvement agricole", a déclaré David Charmatz, procureur de la République de Toulouse.
En attendant, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a promis de suspendre la taxe carbone sur les engrais, alors que les agriculteurs espèrent voir des mesures concrètes aboutir rapidement. "C'est une guerre d’usure, mais nous sommes déterminés à faire entendre notre voix", a affirmé Pierre Solana, un éleveur du Gers qui participe aux manifestations.
Avec ces résultats croissants et une mobilisation grandissante, le gouvernement est mis sous pression pour réagir rapidement et efficacement face aux revendications des agriculteurs, dont la colère ne fait que s'intensifier.







