La mythomanie, un trouble qui transcende les simples mensonges, peut transformer des vies et détruire des familles. C'est l'expérience que vit Fred*, 41 ans, dont le frère aîné est englué dans un cycle de mensonges dévastateurs. Depuis maintenant une décennie, Fred observe avec désespoir la dégradation de la relation familiale engendrée par les paroles trompeuses de son frère.
Il raconte : "Il prétend avoir un emploi stable, mais aucune preuve de ses dires n'émerge. Depuis le déménagement de notre mère, son comportement a changé. Toute responsabilité a disparu de sa vie, et nous restons dans l'incertitude sur sa routine quotidienne. A-t-il même un travail ?" Ce flou ne fait qu'exacerber la douleur de la famille, et Fred craint pour la santé mentale de leur mère, maintenant sous pression en raison des arriérés de loyer de son fils, qui s'élèvent à près de 8 000 euros.
Cette spirale d'illusions et d'évasions touche profondément Fred et ses parents. "Quand il se retrouve face à ses propres mensonges, il s'échappe avec des excuses. Par exemple, cet été, il a prétendu suivre une formation rémunérée, mais lorsque mes parents ont demandé des preuves, il a justifié son incapacité par un problème technique de son téléphone », témoigne Fred. Ce type de comportement rend impossible la confiance et le dialogue au sein de la famille.
Aujourd'hui, les parents de Fred, divorcés depuis près de 30 ans, se réunissent à nouveau pour tenter de sortir leur fils aîné de cette impasse. Mais alors que les mensonges continuent de s'accumuler, l'angoisse grandit. "Ma mère vit avec une inquiétude constante, tandis que mon père se sent perdu face à cette situation", confie-t-il. La difficulté de confronter son frère, qui ne semble pas conscient des conséquences de ses actes, pèse lourd sur ses épaules. "L'inertie est devenue la norme. Il est temps que mon frère prenne ses responsabilités », souligne Fred.
Pourtant, la maladie de la mythomanie est souvent mal comprise, témoigne le Dr. Marie Bernard, psychologue spécialisée dans les troubles du comportement. "Les victimes de mythomanie sont souvent prisonnières de leur propre mensonge, ce qui complique leur retour à la réalité. Les proches se retrouvent alors dans une position douloureuse et souvent impuissante", explique-t-elle.
Le tourbillon des mensonges peut alors s'avérer destructeur, comme le souligne l'expérience de Fred. "Il semble que rien ne peut le faire changer d'avis. C'est toujours la faute des autres, jamais la sienne. Et cela, c'est difficile à vivre au quotidien pour nous", conclut-il, le cœur lourd.
(*Le prénom a été changé pour préserver l'anonymat de la personne concernée.)







