Selon un rapport publié jeudi par la Fondation pour le logement des défavorisés, près de 177 000 individus issus des gens du voyage sont confrontés à un « mal-logement massif ». Deux décennies et demie après l'instauration de la loi Besson, qui visait leur accueil, ce chiffre alarmant représente entre 35 % et 70 % d'une population estimée entre 250 000 et 500 000 personnes.
Le rapport identifie cinq types de mal-logement, incluant des personnes vivant sur des terrains qu'elles possèdent mais sans respect des normes d'urbanisme, celles occupant illégalement des espaces, et d'autres installées durablement sur des aires initialement conçues pour un accueil temporaire. Certaines sont également en situation de « contrainte d'errance », ou résident dans des quartiers à la fois insalubres et surpeuplés.
Le constat met en lumière un « déficit d'offre d'habitat adapté », rendant difficile le maintien dans des aires d'accueil. Les familles trouvant peu d'options temporaires sont souvent contraintes de s'installer illégalement, dans des zones laissées à l'abandon ou polluées, où la tolérance des autorités peut parfois jouer un rôle.
Cette précarité résidentielle crée un stress intense, alimenté par la peur des expulsions et les ruptures dans la vie personnelle et scolaire des résidents, considérées comme des atteintes aux droits fondamentaux. Les auteurs de l'étude, qui se basent sur des données de l'Observatoire des politiques publiques, mettent aussi en avant la dégradation de la santé physique et psychologique des individus concernés.
Démarche politisée : l'urgence d'agir
On note ainsi un « antitsiganisme » structurel toujours présent, alimentant des discriminations et un manque de volonté politique. Christophe Robert, délégué général de la Fondation, indique que malgré les avancées législatives, l'État n'investit pas suffisamment pour garantir un accueil digne des gens du voyage. Il appelle donc de manière pressante à la création de nouveaux terrains adaptés, à la régularisation des occupations précaires, et à la construction d'habitat social pour cette population.
En conclusion, le rapport souligne l’impératif d'une mobilisation collective pour aborder la crise du mal-logement des gens du voyage, afin de garantir à tous un accès à des conditions de vie dignes et décentes.







