Un projet de loi essentiel sera examiné par l'Assemblée nationale le 2 juin, visant la réduction des taux de cadmium dans les engrais utilisés en France. Ce métal lourd, particulièrement préoccupant en matière de santé publique, se retrouve souvent dans les sols agricoles, notamment dans les pommes de terre et les produits à base de blé. L'alerte a été lancée par l'Union régionale des médecins libéraux (URPS), qui souligne les dangers associés à une exposition élevée au cadmium, reconnu comme cancérigène.
La France se classe parmi les pays européens les plus touchés par la contamination au cadmium, principalement en raison des engrais importés du Maroc. Selon les experts, plus de la moitié de la population française pourrait être sur-exposée. Le docteur Pascal Meyvaert, médecin généraliste et référent santé environnementale à l'URPS, souligne une augmentation alarmante des cas de cancer du pancréas, passant d'un cas par carrière pour un médecin généraliste à un cas annuel. Cela illustre le besoin urgent d'agir pour prévenir de graves conséquences sanitaires.
La proposition de loi, portée par un député écologiste et soutenue par des élus de gauche, vise à réduire de 50 % la concentration de cadmium dans les engrais phosphatés dès l'année prochaine, avec un objectif supplémentaire de réduction de la même ampleur dans trois ans. L'élue socialiste Estelle Mercier affirme : "Les enjeux sanitaires sont énormes", et elle se montre optimiste quant à l'approbation de cette initiative par les deux chambres du Parlement.
Contrairement au projet gouvernemental qui prévoit douze ans pour atteindre ces objectifs, cette loi propose une approche beaucoup plus ambitieuse. Mercier mentionne l'existence de consensus scientifique sur les risques associés au cadmium et évoque des alternatives viables aux engrais phosphatés actuellement utilisés en France. Cette dynamique pourrait non seulement améliorer la santé publique, mais également apporter des changements positifs à long terme dans les pratiques agricoles.







