L'enseignement privé serait supposé coûter moins cher à l'État que le système public, selon des affirmations émises par la Fondation pour l'école. Toutefois, derrière les milliards d'euros d'économies annoncées, des experts et des économistes expriment des réserves quant à la pertinence de ces comparaisons entre les deux systèmes éducatifs.
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Selon les analyses présentées par la Fondation pour l'école, l'école privée pourrait économiser près de 10 milliards d'euros à l'État français chaque anné. Augustin Yvan, responsable du développement de cette fondation, a déclaré récemment au Figaro TV: "Un élève dans le public coûte environ 10 000 euros par an, contre seulement 7 000 dans le privé."
Mais cette assertion mérite une investigation plus approfondie. Ces chiffres, tirés d'un rapport de l'enseignement catholique qui s'appuie sur les données de l'Éducation nationale, soulignent un coût moyen de plus de 10 000 euros par élève dans le public et d'environ 5 000 euros dans le privé. Multipliés par le nombre d'élèves du privé en France, ces chiffres aboutissent en effet à une économie notable pour les finances publiques.
Des différences de financement notables
Cependant, il est important de noter que les écoles privées sous contrat reçoivent une part significative de leurs ressources de l'État, y compris pour le salaire des enseignants. Selon Clémence Cardon-Quint, historienne et spécialiste des politiques éducatives : "Les structures de rémunération des enseignants diffèrent. Les établissements publics comptent davantage d'enseignants agrégés, ce qui impacte le coût total des établissements." De plus, la taille des classes varie; les établissements privés accueillent généralement un plus grand nombre d'élèves par classe.
En 2024, les statistiques indiquent qu'il y avait moins de 25 élèves par classe dans le public contre 27 dans le privé. Ce ratio différent peut s'expliquer par un cadre éducatif souvent plus homogène dans le privé, où le nombre d'élèves en difficulté est réduit. Pierre Merle, sociologue des systèmes éducatifs, ajoute : "L'éducation adaptée pour les élèves en grande difficulté scolaire est souvent moins présente dans l'enseignement privé, ce qui complique toute comparaison directe des coûts."
Les coûts encourus par le système public pour ces élèves en difficulté ne sont pas pris en compte dans le calcul de la Fondation pour l'école. Pour obtenir des précisions sur ces chiffres, Michel Valadier, directeur de la fondation, a commenté : "Les services proposés dans l'enseignement public sont souvent moins présents ou développés dans le privé. Toutefois, ces différences de coût sont marginales par rapport aux 10 milliards évoqués."
Même si la Fondation demeure sur sa position, de nombreux économistes soulignent que la comparaison entre les coûts des systèmes public et privé est simpliste et nécessite une approche plus nuancée.
Sources d'information
- Le Monde
- Enseignement catholique
- Education.gouv
- Cour des comptes
- Vie publique
- Pierre Merle, sociologue
- Clémence Cardon-Quint, professeure
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