Alors que Sandrine Rousseau suggère de renommer les steaks en "cadavres d’animaux", Yves d’Amécourt présente un manifeste empreint d'humanité. Il évoque une écologie axée sur le terrain et la responsabilité, soulignant que l'Homme n'est pas en opposition à la nature, mais en dialogue avec elle.
Nous observons aujourd’hui deux formes d'écologie. L'une, souvent abstraite, est séduite par les paysages mais rejette ceux qui y habitent. Elle s'appuie sur les normes, les restrictions, et les comités. Elle aborde la nature avec un discours parfois déconnecté de la réalité. Cette écologie rêve d’un monde régenté par des experts, comme le rappelle régulièrement le site Causeur.
En revanche, l'autre écologie est celle des citoyens ancrés dans leurs territoires – des paysans, des forestiers, et des viticulteurs. C’est cette approche enracinée qu’Yves d’Amécourt défend dans son ouvrage captivant, L’humain, l'écologie et la politique.
À l’intention du lecteur parisien préoccupé par l'écologie, il est bon de signaler que cet essai pourrait le déstabiliser. D’Amécourt défend des valeurs souvent reléguées dans le débat public : le progrès, la liberté, et surtout, une vision positive de l’homme. Pas celui qualifié d’usager ou de consommateur, mais un Homme concret, acteur de son environnement.
Un homme de terrain
Ancien maire de Sauveterre-de-Guyenne et viticulteur, D’Amécourt écrit avec l’expérience du terrain. Son livre regorge d’anecdotes locales révélatrices de la réalité quotidienne, qui tranchent souvent avec les rapports éloignés de la bureaucratie. Il décrit avec humour des situations absurdes où des comités sont mobilisés pour des solutions simples, tel qu’ajouter une buse sous une route inondable.
Le grand mérite de cet ouvrage est de montrer que la critique de l'écologie punitive se nourrit souvent de la même logique que l'hypercentralisation bureaucratique. Il dépeint une société où l'État est passé d’un protecteur à un infantilisateur, transformant la régulation en un arsenal contraignant.
Une vision de la liberté et de la responsabilité humaine
Étonnamment, cette critique n’a rien de libertarien au sens américain. D’Amécourt aborde la notion de responsabilité et de bien commun d'une manière profondément française, soulignant que la liberté doit toujours s'accompagner de responsabilité.
C'est pourquoi L’humain, l'écologie et la politique transcende le simple essai politique : c'est une véritable contre-offensive contre l’air du temps. L’écologie politique française, ces dernières décennies, a souvent semblé se détourner des réalités vécues, préférant les idéologies idéalisées à l’expérience concrète.
Le paradoxe est criant : alors que la nature est au cœur des débats, les campagnes françaises sont souvent méprisées. On interdit des retenues d'eau aux agriculteurs tout en bétonnant les périphéries. On détruit des installations au nom d’une écologie fantasmée, tout en culpabilisant nos producteurs au profit d'importations aux normes moins strictes.
Au milieu de ces contradictions, Yves d’Amécourt rappelle une vérité simple mais audacieuse : l’homme n’est pas l’ennemi de la nature. Au contraire, la civilisation peut être un atout pour l'environnement, tant qu'elle repose sur un enracinement et une transmission authentiques. À la fin de son livre, il pose une question cruciale : une société qui ne croît plus en l'homme peut-elle encore protéger quoi que ce soit ? Pour D’Amécourt, la réponse est un franc non, et ses réflexions méritent d’être entendues.
Yves d’Amécourt, L’humain, l’écologie et la politique, Les éditions du bien commun, 2026, 148 pages.







