À Feugères, dans le centre-Manche, quatre exploitations agricoles de la CUMA de Carville testent actuellement un robot tracteur autonome, sans conducteur. Équipé de géolocalisation, ce robot est capable de travailler le sol et de semer selon l'outil utilisé.
Cette initiative est dirigée par la fédération des CUMA Normandie Ouest, qui regroupe des coopératives permettant aux agriculteurs de partager des équipements. Après un premier test en plein champ à l’automne dernier, ces essais se concentrent désormais sur les petites parcelles typiques du bocage manchois, où des défis spécifiques se présentent.
S'adapter aux haies
Jean-François Tapin, agriculteur et président de la CUMA de Carville, partage son expérience : "J'ai testé sur une vingtaine d'hectares avec un fissurateur à l'arrière pour travailler le sol en profondeur. On est bluffé par la performance du robot en plein champ. Cependant, il rencontre des difficultés aux abords des haies, car il détecte les branches et s’arrête fréquemment."
Bien qu'aucun investissement ne soit envisagé pour le moment, il est convaincu que l'avenir réside dans l'intégration de cette technologie : "Il y a 30 ans, les premiers robots de traite étaient jugés inutiles ; aujourd'hui, 90% des nouvelles installations en sont dotées. L'agriculture va devoir avancer vers cette direction avec l'IA."
Une expérimentation sur trois ans
La fédération des CUMA Normandie Ouest a pour objectif de tester ce robot déjà commercialisé afin de mieux conseiller les coopératives. Selon Florian Frémont, responsable d'équipe, "Cette démarche doit permettre de faire face à la pénurie de main-d'œuvre et aux impacts du changement climatique, qui réduisent les fenêtres de travail. Ainsi, cet outil pourrait fonctionner jour et nuit quand les conditions le permettent."
Cette expérimentation, soutenue par la Région Normandie, a débuté à l'automne dernier et devrait s'étendre sur une période de trois ans.







