La décision de nommer un square d'après Kléber Malécot à Neuville-aux-Bois suscite de vives critiques. Le rapporteur public a en effet qualifié cette initiative d'"erreur manifeste d'appréciation", puissamment liée aux condamnations pénales de l'ancien maire, soulevant ainsi des questions délicates sur le devoir de mémoire vis-à-vis des élus locaux.
Peut-on honorer la mémoire d'un élu local qui a été condamné pénalement ? C'est le débat que doit trancher le tribunal administratif d'Orléans. Kléber Malécot, maire de Neuville-aux-Bois pendant 48 ans, a également été sénateur et président du Département du Loiret. Pourtant, son héritage est terni par des démêlés judiciaires, notamment des condamnations pour favoritisme et des appels malveillants dans l'affaire dite du "corbeau". Cette situation a conduit la famille Morin, affectée par cette affaire, à saisir le tribunal, après que la préfète du Loiret a exhorté la commune à revenir sur sa décision.
"On ne peut pas séparer l'élu de ses infractions"
Le rapporteur public a évoqué des précédents complexes, notamment le cas de la dénomination d'une place Jacques Médecin à Nice, annulée pour des raisons similaires. Bien que la jurisprudence semble évoluer, l'impasse actuelle souligne une question brûlante : C'est un débat juridique, pas seulement moral. La liberté de nommer des lieux publics est en effet soumise à l'examen de la pertinence des noms attribués et à leur impact sur la communauté.
L'argument retient l'attention d'experts. Selon de nombreux juristes, la société exige aujourd'hui une probité accrue des élus. En ce sens, le rapporteur a insisté sur l'importance de prendre en compte l'intégrité des personnalités publiques lors de telles décisions.
"48 ans de mandat, cela fait partie de l'histoire"
En revanche, l'avocate de la commune, Me Caroline Tissier-Lotz, réfute cette vision et soutient que l'œuvre de Malécot doit être dissociée de ses failles. "Il n'y a pas eu d'opposition significative dans la population," souligne-t-elle, arguant que celui qui a contribué à l'histoire de Neuville-aux-Bois mérite d'être honoré. Son plaidoyer évoque une toxicité juridique si l'on venait à annuler des décisions fondées sur des débats souvent empreints d'émotions politiques.
Le tribunal administratif est attendu pour rendre son jugement d'ici deux semaines, une décision qui pourrait redéfinir la place d'un ancien maire dans la mémoire collective.







