Le retour de la corrida à la Brède, prévu lors de la fête de la Rosière, fait l'objet d'une vive controverse. Ce mardi 12 mai, le tribunal administratif de Bordeaux a examiné les requêtes de deux associations de protection des animaux qui s'opposent à cet événement, remettant en cause son caractère traditionnel après une annulation en 2025 pour des raisons de financement.
Les corridas, seules mises à mort autorisées en France, s'appuient sur la notion de "tradition locale ininterrompue". Les associations One Voice et Alliance Anticorrida en profitent pour contester la légitimité de cette pratique à la Brède, soulignant l'interruption de l'événement, comme l'indique Hélène Thouy, avocate de One Voice : "Il n'y a pas eu de corridas organisées dans cette commune depuis 2025, ce qui montre une rupture." Ces deux groupes contestent également l'équivalence de la corrida de Captieux, jugée éloignée du bassin démographique de la Brède.
Les arguments avancés par l'Alliance Anticorrida, notamment ceux de Raphaël Belaïche, insistent sur le déclin de l'intérêt du public pour la corrida, soutenant que le manque de spectateurs ne remplit pas les critères d'une tradition vivante. "Il n'y a pas suffisamment d'adhésion du public, affirmant que : 'Elle n’est pas enracinée dans un terreau suffisamment fertile.'"
Face à cela, le maire et fondateur de l'événement, Michel Dufranc, défend ardemment cette tradition. "L'absence temporaire de l'événement ne signifie pas qu'il soit devenu obsolète", déclare-t-il, mettant en avant l'héritage historique de la corrida à la Brède, une culture qui, selon lui, est encore bien ancrée dans la région.
Pierre Darrouzet, président de la coordination des associations taurines de Gironde, souligne également l'importance de ce rituel : "Ces associations répondent à un besoin existentiel pour les aficionados, et une tradition qui ne tient pas s'éteint d'elle-même." Sur le plan financier, la mairie indique que l'événement attire environ 1.500 personnes à chaque édition, coûtant aux contribuables environ 120.000 euros.
Cette polémique, révélatrice de clivages sociétaux contemporains entre tradition et respect animal, semble loin d'être résolue. Le tribunal a pris le temps de délibérer suite à ces arguments contradictoires, et l’avenir de la corrida à la Brède est désormais en suspens.







