[Cet article a été publié le 27 décembre 2025, puis republié le 11 mai 2026.]
Un critique gastronomique britannique s'est aventuré dans la capitale française et a choisi de faire une halte au Bouillon Chartier avant de prendre son train à la gare du Nord. Contrairement à la morosité ambiante, il a trouvé refuge dans ce restaurant qui incarne parfaitement l’art de la gastronomie française accessible.
Alors que la pluie inonde les rues de Paris, une ambiance particulière résonne autour de la gare du Nord, où hommes et femmes cherchent distraction entre jeux de grattage et cafés. C’est dans ce décor que les pièces illuminées du Bouillon Chartier émergent, un petit dernier inauguré récemment qui conserve tout le charme du restaurant historique ouvert en 1896. À 17 heures, la salle, encore calme, me permet de m'installer rapidement.
Un décor fascinant et convivial
En pénétrant dans le restaurant, je suis frappé par la lumière agréable et les miroirs tout autour. Les nappes roses se posent élégamment sur des tables de bois sombre, tandis que des affiches rétro ornent les murs. Les banquettes, confortables et colorées, accueillent les clients, certains habitués, d'autres, comme moi, de passage.
Des clients du quartier, un mix hétéroclite de locaux et de touristes, se partagent les tables. L'attractivité du menu attire même les plus sceptiques : une soupe de légumes à un euro, symbole d'une gastronomie à la portée de tous. En parcourant le menu, je m’aperçois que bien que les prix soient ridicules, la qualité ne l’est pas pour autant.
Mon dîne, accompagné d'une carafe de vin blanc, ne dépasse pas 15 euros. Pourtant, je savoure chaque bouchée : un œuf dur sur mayonnaise, une grande salade verte, suivi d'une terrine de porc des plus agréables.
Tradition et qualité
Chaque plat est apporté rapidement, témoignant d'un service efficace. En moins de trente minutes, je savoure ma terrine, goutteuse et bien cuisinée. L’histoire du Bouillon Chartier est riche : fondé par les frères Chartier, il est devenu un monument historique dans les années 80, cherchant à servir une cuisine populaire dans un cadre élégant.
Les Bouillons Chartier de Paris gardent vivante la magie du Belle Époque, portant des vestes noires et tabliers blancs. Le cadre offre une frénésie d’énergie, semblable à celle que l'on trouve dans d'autres établissements populaires, comme le Diporto d'Athènes, où l’authenticité prime sur le snobisme.
Les plats vont des classiques bœuf bourguignon aux crevettes à la mayonnaise, en passant par le poulet-frites et divers produits de charcuterie. La carte, bien qu'évolutive, reste fidèle à l'héritage français.
Un trésor culinaire à redécouvrir
Bien que le Bouillon Chartier soit emblématique à Paris, il n'a jamais reçu une reconnaissance internationale à l'égal de ceux fréquentant les établissements huppés. Mais au cœur d'un Paris en pleine renaissance gastronomique, le Bouillon Pigalle émerge comme un concurrent, avec des prix légèrement plus élevés, mais promettant une expérience tout aussi mémorable. Ce qui est certain, c'est que se restaurer à Paris peut coûter moins cher que de dîner à Londres.







