Avec les températures en hausse et les pluies récurrentes de cette année, les moustiques sont déjà de retour, plus prolifiques que jamais. Les habitants, face à cette invasion, peuvent être tentés d'utiliser des insecticides en spray pour retrouver des soirées paisibles. Cependant, ce n’est pas la meilleure solution. Non seulement ces produits chimiques peuvent être nuisibles à la santé humaine et à l’environnement, mais ils éliminent également les prédateurs naturels de ces insectes, comme les chauves-souris.
La pipistrelle, par exemple, est un modèle de prédateur : en une nuit, elle peut consommer presque 30% de son poids en insectes, soit environ 3 000 moustiques, comme l'indique Anaïs Allak, technicienne en environnement au Syndicat de lutte contre les moustiques du Bas-Rhin. Si l'on considère les colonies de grands murins, 500 individus peuvent absorber une tonne d'insectes en une saison, selon des experts du groupe Derivaz.
Favoriser leur habitat
Pour encourager la présence de ces précieux alliés, plusieurs villes françaises investissent dans des infrastructures favorables aux chauves-souris. Des projets innovants voient le jour, tels que la réhabilitation de bunkers en tant que refuges d’hiver ou l’installation de "tours fusées", des gîtes perchés sur des mâts pour l’été, comme en Alsace à Rohrwiller ou à Mothern, indique Anaïs Allak. Ces installations sont réparties près des habitations tout en respectant un espace suffisant pour permettre le vol des chauves-souris.
Erstein, une autre ville d’Alsace, a mis en place un programme incitant ses habitants à ériger des nichoirs. Blagnac, dans la métropole toulousaine, a également commencé à établir des nichoirs tout en expérimentant des bornes antimoustiques ecologiques fonctionnant avec du CO2.
Néanmoins, malgré ces initiatives prometteuses, il reste difficile de quantifier l’efficacité réelle des nichoirs pour la réduction des moustiques. Anaïs Allak souligne que, même si les impacts ne sont pas encore clairement mesurables, ces actions contribuent indéniablement à une régulation naturelle des populations de moustiques. D'autres prédateurs naturels, tels que les guppys et les grenouilles, peuvent également compléter cette lutte.
En somme, alors que les moyens de protection classiques demeurent essentiels, favorisant l'habitat des chauves-souris apparaît comme une solution durable et écologique. Ces créatures nocturnes, loin d'être nuisibles, pourraient bien être nos plus grandes alliées pour un été tranquille.







