Avec la proximité de l'élection présidentielle de 2027, on assiste à une multitude de publications de candidats déclarés ou potentiels. Qu'il s'agisse de livres-programmes, d'entrelacs autobiographiques ou de portraits historiques, les librairies deviennent le théâtre d'une compétition littéraire d'un nouveau genre.
Gabriel Attal, ancien Premier ministre, a récemment lancé En homme libre (Éditions de l'Observatoire), un ouvrage qui explore sa vie privée tout en affirmant ses ambitions politiques. Actuellement, il parcourt la France en se rendant dans des librairies, un geste qui symbolise son engagement pour les présidentielles de 2027. Comme pour d'autres candidats, ce passage par la case livre semble devenu incontournable. À gauche, les publications de Raphaël Glucksmann et François Hollande sont aussi attendues, illustrant cette tendance qui unit les différents bords politiques autour d'un même outil de communication.
tondelier et bardella d'ici 2025
Bruno Le Maire, quant à lui, partage ses réflexions dans Le temps de la décision (Gallimard), tandis que Boris Vallaud a publié Nos vies ne sont pas des marchandises, toutes deux parues à la même date que l'ouvrage d'Attal. Jean-François Copé a, lui, anticipé avec Quand les populistes trahissent le peuple, tandis qu'Elisabeth Borne et François Bayrou n'hésitent pas à s'inviter dans cette course littéraire. Et à l'horizon de 2025, Marine Tondelier et Jordan Bardella avaient déjà ouvert le bal avec leurs ouvrages respectifs.
de henri iv à jean jaurès
Les auteurs politiques n'hésitent pas à plonger dans l'histoire pour alimenter leur réflexion. Carole Delga se concentre sur une période critique de France avec Quand Vichy jugeait Léon Blum, coécrit avec l'historienne Marie-Luce Nemo, à paraître le 14 mai. Ce choix de thématique n'est pas surprenant ; de nombreux politiques ont déjà tenté d’écrire sur des figures historiques, une tradition qui remonte à François Bayrou et Nicolas Sarkozy.
le succès n'est pas la règle
Cependant, tous ces ouvrages ne rencontrent pas le succès escompté. Selon Philippe Moreau Chevrolet, cité par Le Figaro, moins d'un livre politique sur dix se vend bien, avec une moyenne de seulement 3,000 exemplaires. Bien que des personnalités comme Nicolas Sarkozy aient connu des triomphes littéraires, d'autres, tels que Marlène Schiappa ou Jean-Michel Blanquer, ont essuyé de cuisantes déceptions. D'après le site monbestseller, le record de ventes semble appartenir à Christine Boutin, qui a écoulé un nombre dérisoire d'exemplaires de son ouvrage.
Ainsi, force est de constater que derrière cette frénésie d'écriture politique se cache aussi la quête de visibilité médiatique et d'autopromotion à l'approche d'événements électoraux majeurs, comme le confirme l'analyse de plusieurs experts du milieu.







