Le trafic de drogue se transforme avec l'émergence de nouvelles techniques telles que le meetup et les livraisons via des casiers, qui permettent aux dealers d'échapper à la vigilance des forces de l'ordre. Ces méthodes privilégient l'anonymat, s'appuyant sur des messageries sécurisées et des points relais discrets.
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Lors d'un meetup organisé, un client rencontre son dealer en plein cœur de la ville pour récupérer sa commande de cannabis. Ce dernier souligne que le lieu de la rencontre varie à chaque fois : "Je lui envoie un message pour commander. Une fois que c'est fait, il me donne rendez-vous avec l'adresse et l'heure précises. En quelques minutes, c'est réglé", témoigne-t-il.
Les dealers utilisent la méthode du meetup pour gérer la prise de commandes via des applications de messagerie cryptée, où ils affichent leur offre ainsi que les prix. Des annonces précisent même que "tout retard sera inacceptable".
Des casiers pour une livraison en toute discrétion
Les clients, inquiets de se faire livrer à domicile, privilégient le meetup en raison des risques associés aux points de deal, souvent sous surveillance policière. Un consommateur explique : "Connaître mon adresse pourrait poser problème. La majorité de mes amis préfère récupérer les produits directement ici".
D'autres innovations, comme la livraison via des casiers, rendent le trafic de plus en plus insaisissable. En mars dernier, des gendarmes de Bourges ont démantelé un réseau de trafic où les commandes étaient expédiées dans des casiers. Un dealer nous en dévoile les détails : "Le colis est enveloppé dans plusieurs couches de protection, et je le passe par un Locker. Tu me donnes une adresse et un faux nom pour la livraison".
Face à ces adaptations constantes, la lutte des forces de l'ordre devient de plus en plus ardue. Le lieutenant-colonel Erwan Coiffard, porte-parole de la gendarmerie nationale, note : "La criminalité s'ajuste à la présence policière sur le terrain, ce qui complique les opérations". Rappelons que la vente de stupéfiants reste passible de 10 ans de prison et d'amendes pouvant atteindre 7,5 millions d'euros.







