Maraîchage, autocueillette et emplois durables… Une ferme urbaine apporte une bouffée d'air frais dans le quartier des Vergnes en pleine transformation.
À quelques pas du stade Gabriel-Montpied à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), un bâtiment étonnant a vu le jour en un temps record. « En mars dernier, il n’y avait rien, et maintenant, c’est déjà bien avancé », souligne Marie Bonin, directrice des Jardins Solidaires. Ce chantier, prévu pour être achevé fin juin, inaugurera une ferme urbaine sur deux hectares au cœur de la ville. Le projet comprendra un verger flambant neuf, un potager en rosace cultivé par les habitants, ainsi qu’un espace de 120 m² destiné aux marchés et activités communautaires. Derrière tout cela, deux associations locales sont déjà actives depuis longtemps pour dynamiser le lieu.
L'initiative débute réellement fin 2022, comme le rappelle Marie Bonin : « Les Jardins Solidaires ont été fondés cette même année pour créer une entreprise à but d’emploi. » Cette année-là, une agréation « Territoires zéro chômeur de longue durée » a également été attribuée, permettant à l'association de se concentrer sur l'alimentation durable. « La demande a été forte, surtout dans un quartier en pleine mutation », explique Marie Bonin. Clermont-Auvergne Métropole a ainsi remporté l’appel à projets Quartier Fertile pour établir ce tiers-lieu nourricier dans les Vergnes.
Des CDI pour mamans solo, jeunes en décrochage, seniors...
Avec cette aventure, l’association entend faire participer activement les habitants au projet en collaboration avec le Family Social Club. « Cette association d’éducation populaire est essentielle, car elle connaît bien les familles et les accompagne scolairement », précise Marie Bonin. La parcelle sera ainsi divisée : la partie au nord accueillera l’espace professionnel des Jardins Solidaires, tandis que celle au sud se consacrera à l’éducation populaire et environnementale.
Côté Jardins Solidaires, plus d’une dizaine de CDI ont été créés en quelques années, touchant des demandeurs d'emploi aux parcours variés. « Nous avons des mamans solo, des jeunes en décrochage, des seniors avec des histoires de vie compliquées et des personnes avec des handicaps invisibles », souligne Marie Bonin. Le projet offre une chance à ces personnes et la possibilité de renouer avec le monde du travail.
Ce projet, soutenu par la fondation Daniel et Nina Carasso, souhaite également répondre à un besoin alimentaire urgent. La fermeture de la grande surface Auchan Nord a aggravé l'accès à des produits frais pour les résidents. « Obtenir des légumes est devenu un enjeu, souvent nécessitant un déplacement en tram », explique Marie Bonin.
Pour pallier cette problématique, la ferme urbaine proposera des légumes bios en autocueillette en pleine saison à un tarif adapté aux budgets modestes. Une initiative qui aspire aussi à éduquer le quartier sur la provenance des aliments. « Il y aura un volet éducatif pour sensibiliser les habitants sur la culture des légumes et fruits », conclut-elle. Les habitants peuvent ainsi s'attendre à une récolte variée : pommes de terre, carottes, choux et haricots figurent déjà sur la liste des cultures futures.







