Dans une récente interview accordée à l'AFP, Bruno Retailleau, candidat des Républicains à la présidentielle, a dévoilé sa vision natale pour sortir la France de son "hiver démographique". Parmi ses propositions figurent la création d'un revenu familial, l'allongement du congé de naissance jusqu'à six mois, et des déductions fiscales pour l'achat d'un logement.
"On peut enrayer le déclin démographique !" déclare avec conviction Retailleau, qui se positionne comme un défenseur des familles. Il s'engage à "bousculer l'ordre naturel des choses" pour investir dans l'avenir du pays. Cette question, essentielle pour la droite, lui tient particulièrement à cœur, d'autant plus qu'il est père de trois enfants.
Critiquant l’ancien président socialiste François Hollande pour avoir "remis en cause l'universalité des allocations familiales", Retailleau achève son discours en visant également Emmanuel Macron, qu'il accuse de maintenir une politique similaire. "Le dynamisme démographique est essentiel pour créer de nouvelles richesses," affirme-t-il, tout en se basant sur les statistiques alarmantes de l'année passée : plus de décès que de naissances, un fait sans précédent depuis 1945.
Sa politique nataliste repose sur trois piliers, visant à "aider vraiment les familles, particulièrement les classes moyennes qui subissent le plus". Le premier est la mise en place d'un "revenu familial" de 240 euros mensuels, qui pourrait atteindre presque 1.000 euros pour le troisième enfant.
Cependant, Bruno Retailleau entend imposer des conditions pour bénéficier de ces aides. Parmi les exigences : les familles étrangères devront avoir au moins cinq années de résidence et de travail en France. De plus, les aides pourraient être suspendues en cas de "défaillance grave avérée" des parents.
Pour financer ces mesures, le candidat assure que cela serait "autofinancé". Le coût prévu pour le "revenu familial" s'élèverait à 40,3 milliards d'euros, compensé par 41 milliards d'économies dues à la suppression de dispositifs tels que certaines allocations familiales, selon les estimations de son équipe.
La question du logement, dans ce programme, n'est pas laissée de côté. Retailleau souhaite faciliter l'accès aux logements sociaux pour les familles à faibles revenus et permettre à celles désirant acheter leur résidence de déduire une partie des intérêts de leurs emprunts immobiliers de leur impôt sur le revenu.
En ce qui concerne le congé de naissance, il propose de le prolonger jusqu'à six mois, en maintenant 70% du salaire, pour un coût d'environ 700 millions d'euros. Cette mesure vise à simplifier la vie des familles qui peinent à concilier vie professionnelle et familiale.
Enfin, pour faciliter l'accès aux crèches, il propose d'assouplir les normes de construction et d'augmenter significativement le plafond d'exonération de cotisations sociales pour les employeurs. Ces propositions témoignent d'une volonté de véritablement repenser la politique familiale en France.







