Ce devait être un matin de mobilisation, mercredi 29 avril, devant le collège Pablo-Neruda de Bègles. Les parents d’élèves préparaient une manifestation pour alerter sur l'état déplorable des toilettes de l'établissement. Mais, faute de délais suffisants, ils ont décidé de reporter leur action à la semaine suivante. Ce qui les préoccupe, c'est la vétusté permanente et les dégradations répétées des sanitaires qui sont utilisés par les collégiens de la sixième à la troisième.
Les enfants, voix de cette détresse, ont partagé leur expérience lors d'une sortie de cours : « Ça sent mauvais et il y a souvent des bagarres », témoigne l'un d'eux. D'autres évoquent une peur palpable en utilisant les cabines, où le verrou peut être ouvert de l'extérieur. Une élève ajoute, « au bout d'un moment, on s'habitue à se retenir », un constat alarmant qui souligne l'impact psychologique et physique de cette situation sur les jeunes.
Un taux de réponse alarmant sur la propreté
Un sondage a été mené par le collectif "Des toilettes dignes à Pablo Neruda!", récoltant 210 réponses parmi les 623 élèves du collège. Les résultats témoignent d’une crise sanitaire : 94 % des élèves jugent que les toilettes sont rarement ou jamais propres, et 89 % affirment qu'elles sont en mauvais état. Plus inquiétant encore, 73 % des collégiens se retiennent d'utiliser les sanitaires, ce qui entraîne des problèmes de santé, selon les affirmations des parents réunis sur place.

Ce résultat n'est pas qu'un simple chiffre pour les parents. Marc, un parent présent, partage son indignation : « Nous avons tous des souvenirs d'enfance de toilettes insalubres, mais je n'ai jamais eu l'impression d'être dans l'impossibilité d'y aller ». Une mère, Véro, insiste sur le fait qu'il est inacceptable d'accepter pour les enfants ce que nous ne tolérerions pas pour nous-mêmes.
Un projet de rénovation reporté
La direction du collège, consciente de la gravité de la situation, a annoncé la restriction d'accès aux toilettes garçons en raison des détériorations fréquentes. Cette décision a eu pour effet d'encourager les parents à s'organiser sur un groupe WhatsApp, mettant en lumière l'urgence de la situation. Le Département de la Gironde, déjà impliqué dans la rénovation comme l'indiquent les parents d’élèves, a récemment déclaré que les travaux d'une ampleur de 300 000 euros étaient déjà prévus. Cependant, en raison des restrictions budgétaires, ces projets sont désormais suspendus.
Mathilde Dastes, nouvelle directrice de l’éducation et des collèges du Département, a évoqué la nécessité d'un équilibre budgétaire sur trois ans qui freine des rénovations essentielles. « Nous nous engageons à dialoguer régulièrement avec les parents tout en cherchant des solutions temporaires », a-t-elle affirmé. Les parents s'interrogent si ces actions ponctuelles suffiront à créer un véritable changement. Aurélie, une représentante des parents, conclut, « on ne doit pas relâcher la pression, nous devons obtenir ce à quoi nos enfants ont droit ».







